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17/06/2012 05:48 EDT | Actualisé 17/08/2012 05:12 EDT

Nouvelle Démocratie et le PASOK en position de former un gouvernement en Grèce

ATHÈNES, Grèce - En dépit du nouveau bon score de la Coalition de la gauche radicale (Syriza) aux élections législatives de dimanche en Grèce, les projections des instituts de sondage laissent entrevoir la possibilité d'une alliance entre les conservateurs de Nouvelle démocratie et les socialistes du PASOK. Le dirigeant conservateur Antonis Samaras n'a d'ailleurs pas tardé à tendre la main à tous les partis pro-UE.

Ces projections accordent 130 sièges sur les 300 que compte l'Assemblée, tandis que Syriza devrait en occuper 71. Avec les 33 sièges qui lui sont prédits, le PASOK pourra compléter une éventuelle majorité parlementaire avec ND.

À l'autre côté de l'échiquier politique, les autres projections accorderaient par ailleurs 18 sièges au parti d'extrême droite Aube dorée.

Alors que les pourparlers pour la formation d'une nouvelle coalition devraient commencer dès lundi, M. Samaras a rapidement proposé la formation d'un gouvernement d'unité nationale, remerciant le peuple grec d'avoir voté en faveur d'un maintien dans l'euro et assuré que le futur gouvernement «respectera les signatures du pays».

«Le peuple grec a voté pour la marche européenne et notre maintien dans l'euro. Il a voté pour les politiques qui génèrent des emplois, de la croissance et de la justice pour le citoyen grec. Il n'y aura pas de nouvelles aventures, il n'y aura pas de contestation de la place de la Grèce en Europe», a lancé le patron de la ND. Et d'inviter «toutes les forces qui partagent ces objectifs à participer à un gouvernement de sauvetage national».

Près de dix millions d'électeurs étaient appelés aux urnes pour la seconde fois en six semaines, à l'occasion d'un scrutin considéré comme le plus important depuis 40 ans. L'issue de cette bataille des législatives devrait déterminer l'avenir de ce pays en quasi-faillite au sein de l'Union européenne et la zone euro.

Le scrutin du 6 mai dernier avait été marqué par l'effondrement des grands partis, sanctionnés pour avoir accepté la douloureuse austérité imposée au pays pour éviter la faillite. Affaiblis par la percée des extrêmes, aucun n'a obtenu de majorité suffisante pour former un gouvernement, provoquant la tenue de nouvelles élections.

Depuis mai 2010, la zone euro et le Fonds monétaire international (FMI) ont accordé deux plans de sauvetage successifs au pays, mais la poursuite des versements reste soumise à la mise en oeuvre rapide de réformes et coupes budgétaires.

Accablés par des mois de rigueur, les Grecs se sont davantage tournés vers l'extrême droite (Aube dorée) et l'extrême gauche (Syriza), délaissant les grands partis comme Nouvelle démocratie et le PASOK, qui sont tombés à leur plus bas niveau depuis 1974 à la fin de la dictature des colonels.

S'il défend la cure d'austérité, le dirigeant conservateur Antonis Samaras a prévenu que toute nouvelle coalition devrait renégocier les conditions du plan de sauvetage du pays, ce qui ne manque pas d'inquiéter ses créanciers internationaux. Il aimerait que le plan de rigueur soit étalé jusqu'en 2016, et non 2014. Son rival socialiste Evangelos Venizelos parle même de 2017.

Syriza d'Alexis Tsipras — qui avait réalisé 16,8 pour cent en mai — est vent debout contre les plans de sauvetage, mais n'entend pas quitter la zone euro. L'homme en a alarmé plus d'un en Europe avec son discours promettant notamment de nationaliser les banques, d'annuler un plan de réduction de 150 000 postes dans la Fonction publique et de revaloriser nettement pensions et salaires.

En échange des prêts nécessaires pour éviter un défaut de paiement, Athènes a dû engager des mesures d'austérité extrêmement dures qui ont laminé l'économie du pays. La Grèce est entrée dans sa cinquième année de récession et vu flamber le chômage qui frappe aujourd'hui 21,8 pour cent de sa population active.