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17/06/2012 06:52 EDT | Actualisé 17/08/2012 05:12 EDT

L'opposition syrienne appelle à une résolution sous le chapitre VII

L'opposition a appelé l'ONU à envoyer des Casques bleus armés en Syrie et à voter une résolution contraignant le régime à arrêter la répression, après la suspension des opérations des observateurs en raison des violences qui ont encore fait une quinzaine de morts dimanche.

Cette demande survient à la veille de l'ouverture du sommet du G20 au Mexique, où la Syrie sera au coeur des discussions du président américain Barack Obama avec ses homologues russe Vladimir Poutine et chinois Hu Jintao. Ces deux pays, alliés de Damas, bloquent toute action contre le régime syrien à l'ONU.

Dans un communiqué, le principal rassemblement de l'opposition, le Conseil national syrien (CNS), a demandé à l'ONU d'"adopter rapidement une résolution en vertu du chapitre VII (de sa charte) afin d'armer les observateurs qui pourront (...) remplir leur tâche en sécurité, et contraindre le régime à arrêter les tueries et à appliquer le plan" de sortie de crise de l'émissaire international Kofi Annan.

Le CNS affirme avoir été "surpris" par la décision du chef de la mission de l'ONU en Syrie, Robert Mood, qui a annoncé samedi la suspension des opérations de ses 300 observateurs en raison de "l'escalade de la violence".

Le général Mood a souligné que "l'intensification" de la violence armée "limite (la) capacité (des observateurs) à observer, vérifier et rapporter les faits".

Selon un bilan de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) datant de jeudi, les violences ont fait au moins 3.353 morts depuis le 12 avril, date d'entrée en vigueur officielle du cessez-le-feu que les observateurs étaient censés surveiller.

"L'arrêt du travail des observateurs de l'ONU sert le régime et prive le peuple syrien d'une protection même si elle est peu efficace, et de témoins pour les massacres" perpétrés par le régime, a dénoncé le CNS.

Burhan Ghalioun, membre du comité exécutif et ex-président du CNS, avait déjà appelé samedi à l'envoi de Casques bleus.

"Aujourd'hui, il est clair qu'on ne peut pas compter sur des observateurs désarmés, il faut envoyer en Syrie des Casques bleus, une mission plus nombreuse et capable de se protéger contre la violence du régime" du président Bachar al-Assad, a-t-il déclaré à la presse à Istanbul.

M. Ghalioun a également fait référence au chapitre VII de la Charte des Nations unies, qui prévoit des mesures coercitives en cas de menace contre la paix, allant de sanctions économiques à l'usage de la force militaire.

Après l'annonce de la suspension des opérations de la mission, la présidence américaine a évoqué un "moment critique" et indiqué qu'elle consultait ses "partenaires internationaux sur les prochaines étapes à suivre pour la mise en oeuvre d'une transition politique menée par les Syriens".

Des discussions doivent notamment avoir lieu en marge du G20, qui se tient lundi et mardi.

Sur le terrain, l'armée syrienne a repris son pilonnage violent du bastion rebelle de Homs (centre) qu'elle assiège, ont indiqué des militants sur place, en disant manquer de nourriture et d'eau et craindre "un massacre" en cas d'assaut.

Les forces du régime bombardaient également Talbissé et Rastane, autres localités de la province de Homs qui sont hors du contrôle du régime depuis des mois, a précisé l'OSDH.

Un civil est mort dans le pilonnage du quartier de Khaldiyé à Homs, deux rebelles ont péri dans des combats et par des tirs dans d'autres quartiers de la ville.

Douze autres personnes ont été tuées par des tirs des forces du régime à travers la Syrie, selon l'OSDH, qui a précisé que 69 personnes, dont 51 civils, avaient péri samedi.

Cette ONG avait exhorté l'ONU à "intervenir immédiatement pour faire arrêter les bombardements incessants (..) afin d'évacuer plus de 1.000 familles encerclées".

Le quotidien syrien Al-Watan, proche du pouvoir, a de son côté indiqué dimanche que "l'armée et les services de sécurité (avaient) déjoué vendredi soir des tentatives de groupes terroristes d'entrer dans Damas", où les services de sécurité ont multiplié les barrages et les contrôles.

"Des accrochages se sont déroulés depuis la Ghouta orientale (près de Damas) jusqu'à la ville de Douma, qui abrite de nombreux gangs d'hommes armés", a précisé le quotidien. "L'armée a infligé des pertes sévères à tous ceux qui pensaient se rendre à Damas", en état de siège.

Par ailleurs, les médias officiels ont annoncé "la mort du terroriste Walid Ahmad al-Ayech, qui a supervisé toutes les voitures piégées ayant explosé à Damas" ces derniers mois, causant des dizaines de morts.

Les services de sécurité, aidés par les habitants, ont pris d'assaut "un refuge de terroristes dans la province de Damas et l'ont tué", selon ces médias.

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