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16/06/2012 03:11 EDT | Actualisé 16/08/2012 05:12 EDT

Zone militaire décrétée dans l'ouest de la Libye pour arrêter les violences

Les autorités libyennes ont décrété samedi une zone militaire dans l'ouest du pays pour mettre fin à des violences meurtrières, appelant toutes les parties à un cessez-le-feu immédiat.

"Après les violences dans les secteurs de Mezda, de Cheguiga et de Zenten, qui ont tué des personnes innocentes, le gouvernement intérimaire (...) a ordonné à toutes les parties un cessez-le-feu immédiat", a indiqué le bureau du Premier ministre Abdel Rahim al-Kib dans un communiqué.

"Pour renforcer (cette décision), le gouvernement a ordonné au chef de l'armée et au ministre de l'Intérieur de considérer la région des heurts comme une zone militaire et d'utiliser la force et tous les moyens nécessaires pour faire cesser les tirs contre des civils innocents", a-t-il précisé.

Le texte a reçu le soutien du Conseil national de transition (CNT), au pouvoir en Libye, et de Dar al-Fitna, le plus haute autorité religieuse en Libye.

Le gouvernement intérimaire a appelé parallèlement à l'ouverture de voies de passage sécurisées pour permettre l'évacuation des blessés et l'arrivée de l'aide humanitaire. Il a également décidé de la mise en place d'une mission d'enquête pour déterminer l'origine du conflit.

Les violences, qui ont débuté lundi soir autour des localités de Cheguiga et Mezda, opposent des membres de la tribu des Machachia à des groupes armés de la tribu de Gontrar et de la ville de Zenten, à 170 km au sud-ouest de Tripoli.

Des sources à Gheriane, une ville proche de la zone de violences, ont indiqué à l'AFP que des dizaines de familles étaient arrivées samedi, fuyant les combats, tandis que le porte-parole de l'armée, Ali al-Sheikhi, indiquait que "les heurts se poursuivaient".

Mercredi, le gouvernement intérimaire avait fait état de quatorze morts et 89 blessés.

Des responsables du ministère de la Santé ont indiqué que le nombre de victimes avait augmenté, sans être en mesure de donner des chiffres précis.

Plusieurs sources ont expliqué à l'AFP que le conflit avait éclaté après la mort d'un habitant de Zenten à un poste de contrôle officieux tenu par des Machachia.

Les membres de cette tribu accusent pour leur part la brigade de Zenten d'avoir pilonné leur village de Cheguiga, avec des chars et des roquettes.

Les relations entre les habitants de Zenten et les Machachia se sont envenimées depuis le début du soulèvement contre le régime de Mouammar Kadhafi en février 2011. Les brigades de Zenten accusent les Machachia d'avoir soutenu l'ancien régime.

En décembre, des combats entre ces deux camps avaient déjà fait au moins quatre morts.

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