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16/06/2012 12:45 EDT | Actualisé 16/08/2012 05:12 EDT

Tunisie: l'ex-premier ministre Caïd Essebsi lance un nouveau parti

TUNIS, Tunisie - L'ancien premier ministre tunisien Béji Caïd Essebsi a annoncé samedi le lancement d'un nouveau parti baptisé Nida' Tounès (L'appel de la Tunisie) qui se présente comme un mouvement fédérateur des forces libérales et centristes en vue des prochaines élections en mars 2013.

"Nous voulons que notre mouvement unisse tout le monde, sans exclusion ni marginalisation, au service du pays", a-t-il lancé aux milliers des partisans, dont un grand nombre de femmes, entassés dans un Palais des congrès de Tunis archi-comble.

Vieux routier de la scène politique, Caïd Essebsi, 85 ans, un disciple convaincu de Habib Bourguiba, le premier président de la Tunisie indépendante, a dirigé le premier gouvernement de transition après la chute du régime totalitaire de l'ancien président Zine El Abidine Ben Ali en janvier 2011, avant de céder la place en novembre suivant.

"Un pays sans créateurs n'a pas d'avenir", a-t-il martelé samedi en stigmatisant la campagne hostile dont des artistes peintres ont été la cible ces derniers jours. Des tableaux jugés blasphématoires exposés dans une galerie d'art à La Marsa (banlieue nord de Tunis) ont déclenché une flambée de violences dans la capitale et plusieurs régions de l'intérieur du pays.

Dénonçant une "manipulation", Caïd Essebsi a par ailleurs contesté le monopole que veut se donner le parti Ennahdha sur l'islam. "Le peuple tunisien est musulman et nul ne doit avoir la tutelle de la religion", a insisté celui qui se dit par ailleurs attaché au Code du statut personnel qui protège les droits de la femme.

A ses yeux, "ceux qui appellent à la violence ne sont pas des musulmans car ils contreviennent aux préceptes du Coran qui prêchent la bonne parole".

Le fondateur de L'appel de la Tunisie a par ailleurs plaidé pour une démarche consensuelle impliquant tous les acteurs politiques, économiques et sociaux, dont la puissante centrale syndicale UGTT, pour sortir le pays de l'étape "délicate" qu'il traverse.

"Le gouvernement actuel a montré qu'il ne peut pas changer la situation. Il faut agir dès maintenant", a plaidé Caïd Essebsi.