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16/06/2012 06:12 EDT | Actualisé 16/08/2012 05:12 EDT

Euro-2012: Fiesta à Wroclaw pour le crucial Pologne-République Tchèque

Des flots de supporteurs polonais et tchèques vêtus des maillots aux couleurs nationales et équipés de drapeaux, de trompettes et... de bière, avaient envahi samedi Wroclaw dans une ambiance de fiesta, pour le match crucial du groupe A de l'Euro-2012 de football.

"Nous allons gagner aujourd'hui", avaient inlassablement crié un groupe de Tchèques, sur le "Rynek", la très belle place centrale de la métropole de Silésie accablée par une chaleur étouffante.

"J'attends avec impatience ce match", avançait Roman Skopek, 45 ans, visage bariolé du bleu-rouge-blanc tchèque.

Et les supporteurs tchèques ont été comblés. Leur pays a battu la Pologne coorganisatrice (avec l'Ukraine) 1 à 0 et s'est qualifié pour les quarts de finale du tournoi, qui se jouera à Varsovie jeudi.

"Mon pronostic? (Robert) Lewandowski va marquer trois fois et le match se soldera par un nul 2-2", avait assuré Roman, ajoutant en riant que l'attaquant polonais inscrirait "l'un de ces buts contre son camp".

Pour rallier la quatrième ville polonaise, des centaines de Tchèques ont profité des trains spéciaux.

"Vous imaginez qu'on n'a pas dormi pendant le trajet! On a chanté, dansé et salué toute la Pologne", avait confié Ales Pudel, venu d'Olomouc, à la sortie du train.

"La rivalité entre Tchèques et Polonais, elle n'est que footbalistique", avait-il assuré, avant de chanter en sautant en rythme avec des dizaine d'autres "Qui ne saute pas n'est pas Tchèque!".

"Nous avons aussi le bleu!", avait crié à l'adresse des Tchèques une jeune Polonaise en T-shirt rouge, avec inscription "Peinture sur la joue", en allusion à la tricolore tchèque.

Vers la fin de l'après-midi, le bleu-rouge-blanc tchèque avait commencé toutefois à se perdre dans l'océan des supporteurs polonais équipés de drapeaux, perruques et drapeaux blanc-rouges.

"Ah les Tchèques! C'est vous qui repartez à la maison ce soir!", avait alors lancé, sûr de lui, un jeune habitant de Wroclaw avant d'enlacer cordialement un fan tchèque.

Au milieu de cette foule bigarrée, un homme, le seul en costume impeccable, le ministre tchèque de la Défense Alexandr Vondra, entouré de ses gardes de corps, s'était aussi frayé un chemin vers la "fanzone" installée sur le "Rynek".

"Allez les gars!", "Nous sommes avec vous!", "Nous allons gagner!", crièrent de nombreux Tchèques qui s'étaient rassemblés en début de soirée devant le fastueux hôtel Monopol, belle construction néo-baroque de la fin du XIXe siècle, servant de camp de base de la sélection tchèque.

"Vous nous supportez, nous gagnons", pouvait-on lire sur le car qui emmenait Cech et ses camarades au stade de Wroclaw.

Sur la terrasse d'un petit café, un autre groupe avait entonné l'hymne national tchèque "Où est ma patrie?".

La République tchèque se trouve à un jet de pierre de... Wroclaw!

Et les supporteurs se sont sentis ici comme chez eux d'autant que sur les armoiries de Wroclaw, sous domination de la couronne de Bohême pendant deux siècles à partir de 1335, figure un lion, exactement le même que celui représenté sur les maillots de la sélection tchèque.

"Les Tchèques? On les aime comme nos frères, mais ce soir, pas de place à la fraternité", riait alors Pawel.

Pas même entre certains supporteurs polonais eux mêmes. Après le match, la police polonaise a dû intervenir pour calmer des fans polonais dans le centre de la ville qui s'étaient livrés à une bagarre entre eux. Au moins trois personnes ont été interpellées.

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