NOUVELLES
16/06/2012 06:19 EDT | Actualisé 16/08/2012 05:12 EDT

Euro-2012 - Les Polonais acceptent sereinement la défaite

Très sereins dans l'ensemble malgré l'élimination de leur sélection de l'Euro-2012 de football, les supporteurs polonais ont accepté la défaite du pays coorganisateur, avec l'Ukraine, face à la République Tchèque (1-0), samedi soir à Wroclaw (sud-ouest).

"Je suis bien sûr triste, mais ce n'est pas la tragédie. Ce n'est pas la fin du monde", assure Adam, visage bariolé du blanc et du rouge, couleurs nationales de la Pologne.

"Félicitations aux Tchèques", ajoute ce quadragénaire venu de Katowice, qui a suivi le match avec un groupe de ses amis, dans un café à proximité de "Rynek", la très belle place centrale de la métropole de Silésie.

"On joue jusqu'à la fin, on joue jusqu'à la fin", avait-il inlassablement scandé, depuis le but inscrit à la 72e minute par le Tchèque Petr Jiracek.

La serveuse du café, Dorota, ne cache pas ses larmes sur ses joues, ornées des couleurs polonaises.

"Mais c'est le meilleur qui a gagné aujourd'hui", résume-t-elle.

La police a dû cependant intervenir après le match pour calmer des supporteurs polonais dans le centre-ville.

En colère et sous l'emprise de l'alcool, ils "se sont livrés à une bagarre entre eux, puis ont lancé des bouteilles en direction de la police qui a cherché à les calmer", a annoncé à l'AFP Pawel Petrykowski, porte-parole de la police locale.

"La police a utilisé des gaz lacrymogènes et la situation a été rapidement ramenée sous contrôle. Trois personnes ont été interpellées", a-t-il ajouté.

Depuis samedi matin, des flots de supporteurs polonais et tchèques vêtus des maillots aux couleurs nationales et équipés de drapeaux, de trompettes et de bière, avaient envahi Wroclaw dans une ambiance de fiesta.

"Celui qui a marqué a gagné", résume Mirek Novak, ouvrier de 30 ans, venu en voiture de Prague, avec ses amis.

Pour rallier la quatrième ville polonaise, des centaines de Tchèques ont profité des trains spéciaux.

"Vous imaginez qu'on n'a pas dormi pendant le trajet! On a chanté, dansé et salué toute la Pologne", confiait Ales Pudel, venu d'Olomouc, à la sortie de la gare.

"La rivalité entre Tchèques et Polonais, elle n'est que footbalistique", assurait-il, avant de chanter en sautant en rythme avec des dizaine d'autres "Qui ne saute pas n'est pas Tchèque!".

Vers la fin de l'après-midi, le bleu-rouge-blanc tchèque commençait à se perdre dans l'océan des supporteurs polonais équipés de drapeaux, perruques et drapeaux blanc-rouges.

"Ah les Tchèques! C'est vous qui repartez à la maison ce soir!", lançait avec un large sourire un jeune habitant de Wroclaw avant d'enlacer cordialement un fan tchèque.

Au milieu de cette foule bigarrée, un homme, le seul en costume impeccable, le ministre tchèque de la Défense Alexandr Vondra, entouré de ses gardes de corps, se frayait aussi un chemin vers la "fanzone" installée sur le "Rynek".

"Allez les gars!", "Nous sommes avec vous!", "Nous allons gagner!", criaient de nombreux Tchèques qui se sont rassemblés en début de soirée devant le fastueux hôtel Monopol, belle construction néo-baroque de la fin du XIXe siècle, servant de camp de base de la sélection tchèque.

"Vous nous supportez, nous gagnons", pouvait-on lire sur le car qui emmenait Cech et ses camarades au stade de Wroclaw, pour ce match décisif.

Sur la terrasse d'un petit café, un autre groupe entonnait l'hymne national tchèque "Où est ma patrie?".

La République tchèque se trouve à un jet de pierre de... Wroclaw!

Et les supporteurs se sentent ici comme chez eux d'autant que sur les armoiries de Wroclaw, sous domination de la couronne de Bohême pendant deux siècles à partir de 1335, figure un lion, exactement le même que celui représenté sur les maillots de la sélection tchèque.

Dans une petite rue du centre ville, Tchèques et Polonais se partageaient les tables de la terrasse du café "Czeski film" (Film tchèque).

"Pologne, Pologne, les rouges-blancs!", scandaient les supporteurs polonais, arborant deux drapeaux rouge-blanc géants de leur pays.

"Les Tchèques? On les aime comme nos frères, mais ce soir, pas de place à la fraternité", riait-il, sans connaître encore le résultat du match...

jma/ea/sk