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16/06/2012 06:08 EDT | Actualisé 16/08/2012 05:12 EDT

24 heures du Mans - Abandon de la Delta Wing à moteur Nissan

La Delta Wing à moteur Nissan, qui occupait le 56e stand de la 80e édition des 24 Heures du Mans réservé à un projet technologique alternatif, a été contrainte à l'abandon à 21h15 GMT samedi, après avoir été percutée par la Toyota TS030 Hybrid du Japonais Kazuki Nakajima.

La course venait juste de reprendre, à 19h15 GMT, après plus d'une heure de neutralisation à la suite du spectaculaire accident du Britannique Anthony Davidson, au volant de l'autre Toyota.

Nakajima, peut-être énervé par le trafic en piste pour son premier relais après une superbe remontée de Nicolas Lapierre, a envoyé dans le mur en béton la Delta Wing noire portant le numéro zéro, car elle était hors classement. Celle-ci a dû abandonner deux heures plus tard.

Nakajima, âgé de 27 ans, courait pour la première fois aux 24 Heures du Mans, après 36 Grand Prix de F1 chez Williams-Toyota (fin 2007-fin 2009). Il avait marqué des points à ses débuts (6e en Australie, 7e à Monaco en 2008), mais aucun en 2009, laissant finalement le souvenir d'un pilote brouillon.

La Delta Wing américaine préparée par l'équipe Highcroft Racing avait déjà gagné son pari avant le départ, suscitant un énorme intérêt et permettant à Nissan de truster 13% des premières retombées média de cette 80e édition, soit plus que Toyota, selon le calcul provisoire d'une agence spécialisée.

Partie de la 15e ligne sur la grille, après des essais étonnants lui ayant permis de boucler un tour en 3 minutes 42 secondes, soit mieux que certains prototypes, elle a vu revenir, dès le début de la course, les problèmes de boîte de vitesses entrevus pendant les essais. Du coup, sa course s'est déroulée dans l'anonymat du peloton, jusqu'à cet abandon décevant pour ses nouveaux fans.

La Delta Wing-Nissan souhaitait atteindre "un niveau de performance équivalent avec deux fois moins de poids, de puissance, d'essence et de résistance à l'air", expliquait Ben Bowlby, concepteur de cette voiture.

Elle s'était vue allouer le 56e stand, réservé pour la première fois cette année à un projet technologique alternatif par l'Automobile Club de l'Ouest (ACO), créateur et organisateur des 24 Heures du Mans.

Véritable "fusée roulante", puisque ses pneus avant, développés sur mesure par Michelin, sont enfermés dans un nez de seulement 60 cm de large, la Delta Wing sera remplacée en 2013 dans ce stand par la GreenGT H2, une voiture électrique suisse alimentée par une pile à combustible fonctionnant à l'hydrogène.

nk/dlo/es