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26/05/2012 04:04 EDT | Actualisé 25/07/2012 05:12 EDT

Un diplomate saoudien enlevé au Yémen appelle le roi à céder à Al-Qaïda

Un diplomate saoudien enlevé il y a près de deux mois dans le sud du Yémen a appelé le roi Abdallah d'Arabie à accéder aux demandes d'Al-Qaïda pour obtenir sa libération, dans une vidéo mise en ligne sur des sites jihadistes.

En avril, le ministère saoudien des Affaires étrangères avait annoncé qu'Al-Qaïda réclamait la libération d'islamistes, dont des femmes, emprisonnés en Arabie saoudite, et une rançon, sans en préciser le montant, en échange de Abdallah al-Khalidi, vice-consul saoudien à Aden enlevé le 28 mars.

"J'appelle le roi Abdallah (...) et le gouvernement saoudien à me sauver et à me libérer d'Al-Qaïda en relâchant les soeurs détenues dans les prisons (saoudiennes) et en accédant aux autres demandes de l'organisation", a déclaré M. Khalidi, qui semblait calme, dans cette vidéo de près de quatre minutes.

Un porte-parole du ministère saoudien de l'Intérieur, cité par l'agence officielle Spa, a averti samedi que les ravisseurs étaient "responsables de la sécurité de Abdallah al-Khalidi".

Il a ajouté que la vidéo ne mentionnait "pas la date d'enregistrement", laissant entendre que Ryad était sans nouvelles du sort de l'otage.

Les enlèvements d'étrangers sont fréquents au Yémen et sont le plus souvent le fait de tribus voulant faire pression sur le gouvernement.

En novembre 2010, un médecin saoudien avait été enlevé dans le nord du pays par des hommes armés qui réclamaient la libération de neuf militants d'Al-Qaïda. Il avait été libéré le jour même grâce à une médiation tribale.

En avril 2011, les hommes d'une tribu avaient enlevé un membre de l'ambassade d'Arabie saoudite à Sanaa pour obtenir le règlement d'un différend financier, et l'avaient libéré au bout d'une dizaine de jours.

Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), né de la fusion des branches yéménites et saoudiennes après l'offensive des autorités saoudiennes contre le réseau à la suite d'une vague d'attentats (2003-2006), a profité de l'affaiblissement du pouvoir central yéménite depuis plus d'un an pour accroître son influence dans le sud et l'est du Yémen.

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