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25/05/2012 04:46 EDT | Actualisé 24/07/2012 05:12 EDT

Tunisie: procès en appel lundi d'un jeune condamné pour caricatures du prophète

Un jeune Tunisien condamné fin mars à sept ans et demi de prison pour avoir publié des caricatures du prophète Mahomet sur sa page facebook doit comparaître en appel lundi devant le tribunal de Monastir (est) et demandera un geste de clémence, a indiqué à l'AFP son avocate.

"Jabeur a demandé la clémence du juge, et nous allons pour notre part réclamer une expertise médicale sur son état psychiatrique", a expliqué vendredi à l'AFP Bochra Belhaj Hmida, une avocate connue qui s'est saisie de l'affaire et espère que son client repartira libre à l'issue du procès en appel.

Jabeur Mejri, originaire de Mahdia, une ville côtière tunisienne, est incarcéré depuis plus de deux mois. Le jeune homme a été condamné le 28 mars à sept ans et demi de prison pour "trouble à l'ordre public, préjudice causé à des tiers à travers les réseaux publics de communication et atteinte à la morale".

Il avait publié sur sa page Facebook des caricatures du prophète Mahomet.

Un autre jeune de Mahdia, Ghazi Béji, condamné à la même peine, est de son côté en cavale en Europe. Il a publié pour sa part un "livre" sur internet intitulé "l'illusion de l'islam".

"C'est une condamnation beaucoup trop lourde, nous estimons qu'il n'y a pas de troubles à l'ordre public dans cette affaire", a estimé Me Belhaj Hmida, soulignant la très faible notoriété de la page facebook où les caricatures --jugées "choquantes" y compris par les défenseurs du jeune homme-- ont été publiées.

Jabeur Mejri "n'est pas un athée au sens idéologique du terme, c'est plutôt un jeune désespéré qui a commis un geste suicidaire", a-t-elle ajouté, alors que le tabou de l'athéisme, dont sont soupçonnés les deux jeunes, pèse lourd dans le silence entourant cette affaire en Tunisie.

"Jabeur a commis un geste de folie. C'est le chômage et l'isolement qui lui ont fait faire ça", a déclaré à l'AFP sa soeur Inès, évoquant un frère "incapable de comprendre ce qui lui a pris".

L'affaire avait été révélée par des blogueuses tunisiennes début avril. L'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch avait demandé l'abrogation des lois datant de l'ère Ben Ali qui ont permis la condamnation des deux jeunes.

cf/kl/aub