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25/05/2012 10:10 EDT | Actualisé 25/07/2012 05:12 EDT

Mexique: Le favori de la course présidentielle promet de diminuer la violence

MEXICO - L'homme qui sera vraisemblablement le prochain président mexicain, Enrique Pena Nieto, affirme qu'il pourra réduire la violence au pays en changeant l'objectif de la lutte que mènent les autorités depuis six ans contre le crime organisé.

L'actuel gouvernement du Mexique a pris pour cible les hauts dirigeants des cartels de la drogue, déployant des milliers de policiers et soldats pour capturer les barons du narcotrafic et saisir leurs stocks et leurs armes, souvent en étroite collaboration avec les États-Unis.

Il n'est pas rare que l'administration du président Felipe Calderon se targue d'avoir réussi à arrêter plusieurs des hommes les plus recherchés du pays.

M. Nieto, qui a une importante avance sur les trois autres candidats à cinq semaines du scrutin du 1er juillet, soutient toutefois que sa priorité en matière de sécurité ne sera pas de mettre la main sur les chefs des organisations qui transportent des centaines de millions de dollars en drogue chaque année de l'autre côté de la frontière.

Ses conseillers et lui ont plutôt l'intention utiliseront les ressources gouvernementales pour réduire les homicides, les enlèvements et les extorsions, des crimes qui font du tort à un plus grand nombre de Mexicains, en inondant de soldats et de policiers les villes ayant des taux élevés de criminalité.

En entrevue avec l'Associated Press, Enrique Pena Nieto a précisé que cela ne voulait pas dire que son gouvernement négligera les autres types de méfaits ou cessera de lutter contre le narcotrafic. L'État pourra encore s'en prendre au cartel, surtout s'ils s'adonnent aux activités criminelles qu'il souhaite éradiquer, mais ce ne sera plus sa priorité.

Le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), que représente M. Nieto, a dirigé le Mexique pendant 70 ans jusqu'à ce qu'il perde le pouvoir en 2000 et ses membres importants tout comme leurs proches ont souvent été accusés d'avoir conclu des ententes avec les cartels en échange de leur protection. À cette époque, la violence était moins présente, surtout parce que les narcotrafiquants avaient le contrôle absolu sur les routes utilisées pour leur commerce illicite.

Les opposants d'Enrique Pena Nieto soutiennent qu'il veut reprendre cette tradition d'accords avec les barons de la drogue.

Les trois principaux candidats aux élections présidentielles du Mexique ont souvent été critiqués pour leurs réponses évasives concernant la lutte contre le crime et de nombreux observateurs ont souligné l'absence de débat au sujet de la direction des forces de sécurité du pays.

Josefina Vazquez Mota du Parti d'action nationale a pour sa part déclaré qu'elle suivrait la politique adoptée par son parti, promettant de porter à 150 000 le nombre de policiers fédéraux, soit quatre fois plus que les effectifs actuels.

De son côté, le gauchiste Andres Manuel Lopez Obrador a dit vouloir retirer les soldats des rues, lutter contre la corruption au sein du gouvernement et diminuer le crime en réduisant les injustices sociales.