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25/05/2012 07:16 EDT | Actualisé 25/07/2012 05:12 EDT

Euro-2012 - Groupe D- France: Effacer Knysna

Deux ans après le fiasco moral et sportif de Knysna, l'équipe de France tentera au moins de reconquérir les coeurs et redorer son blason à l'Euro-2012 à défaut de débarquer en Ukraine dans la peau d'un favori.

Difficile pour les Bleus, tombés plus bas que terre au Mondial-2010, de bomber le torse. Même si l'arrivée du sélectionneur Laurent Blanc en remplacement de Raymond Domenech a sérieusement assaini le climat et opéré une sorte de normalisation, les Tricolores ont perdu un statut de grande puissance.

La belle série de 18 matches d'affilée sans défaite et les succès de prestige en amical contre plusieurs sélections prestigieuses (Angleterre, Brésil, Allemagne) cachent mal une dure réalité: la France est devenue une nation de deuxième zone, une tendance matérialisée par son décrochage au classement Fifa (16e).

La qualification, décrochée péniblement au terme d'un dernier match suffocant contre la Bosnie au Stade de France (1-1), n'a fait que confirmer tout le chemin qu'il restait encore à parcourir pour être considéré comme un prétendant légitime au titre européen.

Le sélectionneur, qui ne cesse de rappeler que la France n'a plus gagné de match en phase finale depuis la demi-finale du Mondial-2006, et le président de la Fédération Noël Le Graët ont d'ailleurs fixé un objectif raisonnable aux Bleus: "Sortir des poules".

Le patron de la FFF a également fait de l'exemplarité une règle d'or pour effacer l'image déplorable laissée par la grève de l'entraînement du 20 juin 2010 en plein Mondial sud-africain.

Rajeunie (moyenne d'âge 26 ans et demi) et donc inexpérimentée (19,69 sélections de moyenne), l'équipe de France ne peut guère se projeter plus loin pour l'instant. Son seul motif d'espoir est de figurer dans un groupe D abordable avec l'Angleterre, la Suède d'Ibrahimovic et la vieillissante Ukraine, qui évoluera toutefois devant son public.

Dans ces conditions, un billet pour les quarts n'aurait rien de miraculeux. La suite, avec les champions du monde espagnols et les Italiens comme adversaires possibles, parait plus aléatoire même si les Bleus ne manquent pas d'atouts pour les titiller.

Depuis sa prise de fonctions après le désastre sud-africain, Blanc a mis au placard les préceptes défensifs de Domenech et opté pour une philosophie de jeu basée sur la possession de balle, n'hésitant pas à faire jouer deux créateurs dans l'entre-jeu.

Il peut aussi compter sur Karim Benzema, qu'il a su relancer et qui est devenu à 24 ans (42 sélections, 13 buts) l'un des attaquants les plus redoutables de la planète. L'ancien Lyonnais, auteur d'une saison prolifique avec le Real Madrid (21 buts), est l'un des rares Français à être une référence mondiale à son poste, avec le gardien Hugo Lloris, promu capitaine.

Reste l'énigme Ribéry. Coqueluche du public à ses débuts, "Francky", l'un des meneurs de la mutinerie de Knysna, a sérieusement perdu de son aura, ne parvenant pas à se libérer avec les Bleus et à rééditer en sélection ses prestations au Bayern Munich.

Reverra-t-on le fantôme de 2010 ou le gamin insouciant du Mondial-2006 ?

Le sujet de la prolongation du sélectionneur pourrait également venir empoisonner la vie du groupe en cas de mauvais départ dans le tournoi. Noël Le Graët n'a pas accédé à la demande de Laurent Blanc, soucieux de poursuivre l'aventure en bleu, et attend le résultat de l'Euro pour renouveler ou non son contrat.

Les deux hommes ont décidé de ne plus évoquer le sujet mais la réalité pourrait finir par les rattraper plus tôt que prévu.

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