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25/05/2012 07:05 EDT | Actualisé 25/07/2012 05:12 EDT

Euro-2012 - Groupe D - Angleterre - Roy Hodgson doit convaincre les sceptiques

Un bâton de maréchal un peu inespéré en main, Roy Hodgson doit convaincre les nombreux sceptiques qui ont froncé les sourcils lorsque cet entraîneur de 64 ans, surnommé "Monsieur Moyen" par la presse, a été choisi pour conduire l'Angleterre à l'Euro.

La Fédération anglaise (FA) a créé son petit effet en nommant le manager de West Bromwich le mois dernier à la tête de l'équipe aux Trois Lions, et non celui de Tottenham, Harry Redknapp, personnage plus haut en couleurs qui était le grand favori depuis la démission fracassante de Fabio Capello cet hiver.

Les réactions n'ont pas été franchement enthousiastes. Expérimenté certes, ouvert sur le monde comme en témoignent ses nombreux séjours à l'étranger, respecté aussi, Hodgson présente un curriculum vitae un peu terne comparé à celui de son illustre prédécesseur.

Après une très modeste carrière de joueur, le nouveau patron a commencé dans les années 1970 un très long parcours d'entraîneur, qui l'a conduit aux quatre coins de l'Angleterre et de l'Europe, d'Halmstad en Suède à Copenhague au Danemark, en passant par Fulham et Blackburn, mais aussi par la Suisse et la Finlande, dont il a dirigé les sélections.

Parmi la vingtaine d'équipes qu'il a pilotées, on note deux noms prestigieux, l'Inter Milan, qui traversait alors une période creuse (1995-1997), et Liverpool, où il n'est resté que six mois en 2010.

Au bilan, un palmarès honorable mais pas éblouissant, avec des titres de champion de Suède et du Danemark, des finales de la Coupe de l'UEFA avec l'Inter et de l'Europa League avec Fulham, qui conforte l'impression d'un choix par défaut effectué par les bureaucrates de la FA, soucieux de tranquillité après les remous de l'ère Capello.

C'est surtout l'échec de son expérience à Liverpool, la seule qui ait vraiment suscité l'intérêt des médias et du public anglais, qui inquiète les supporteurs. D'où les propos rassurants tenus par Steven Gerrard, le leader de Liverpool, choisi par Hodgson pour porter le brassard de capitaine.

"Il a été très malchanceux, il est arrivé au mauvais moment. Le juger sur cette période serait stupide. Je l'ai vu faire et je peux vous dire qu'il est un fantastique entraîneur. C'est un très bon tacticien et tout le monde est derrière lui", a dit le milieu de terrain.

Dès le premier acte de son mandat, l'annonce de la liste des 23 pour l'Euro, Hodgson a affirmé son autorité en sélectionnant en défense centrale le controversé John Terry.

Accusé de racisme dans une affaire qui sera jugée après l'Euro, le joueur de Chelsea avait été destitué de son rôle de capitaine par la Fédération en février. La décision avait provoqué la démission de Capello, qui la désapprouvait.

Comme son prédécesseur, Hodgson a affirmé que Terry était "innocent jusqu'à ce qu'il ait été déclaré coupable" et, sans lui rendre le brassard, l'a sélectionné "pour des raisons sportives" aux dépens de Rio Ferdinand, le frère du plaignant dans l'affaire de racisme.

Il a aussi supprimé un stage de préparation prévu de longue date dans le sud de l'Espagne pour le remplacer par un séjour plus austère à Manchester, histoire de montrer qu'il ne comptait pas être un fantoche.

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