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25/05/2012 07:25 EDT | Actualisé 25/07/2012 05:12 EDT

Euro-2012 - France: Pas de chèque en blanc pour le Président

Sans réelles certitudes sur son potentiel, l'équipe de France va également aborder l'Euro-2012 dans le flou concernant l'avenir de Laurent Blanc dont le maintien, ou non, dépendra du parcours des Bleus.

Partira, partira pas? Depuis plusieurs mois, cette question phagocyte chaque rassemblement des Français, agissant comme un baromètre des relations entre le sélectionneur et le président de la Fédération française de football Noël Le Graët.

Laurent Blanc ne l'a jamais caché: il souhaite poursuivre l'aventure en bleu jusqu'au Mondial-2014 au Brésil. Mais il se heurte à l'intransigeance du dirigeant fédéral, élu en juin 2011 et désireux de bordurer une équipe de France considérée comme un Etat dans l'Etat à la FFF. Le Graët a donc été clair, Blanc devra attendre l'issue du Championnat d'Europe pour voir son contrat éventuellement renouvelé.

"Il faut sortir des poules et avoir un comportement très positif (...) être performant sportivement pour restaurer l'image", avait déclaré l'ancien président de l'En Avant Guingamp au journal Le Monde le 23 avril.

Après plusieurs années d'errements conclues par un fiasco retentissant au Mondial-2010, le président de la FFF veut remettre de l'ordre dans la maison bleue et en finir avec le laxisme de ses prédécesseurs.

Garant scrupuleux des finances, M. Le Graët souhaite également en finir avec un fonctionnement dispendieux dont le staff pléthorique des Bleus constitue la parfaite illustration. Autre pomme de discorde: le rôle trouble de l'agent du sélectionneur Jean-Pierre Bernès, qui conseille aussi nombre d'internationaux et attise les craintes d'un véritable conflit d'intérêts.

Blanc, qui garde une belle cote à l'étranger en raison de son passé glorieux de champion du monde et d'Europe et ses passages remarqués dans de grands clubs (Manchester United, Inter Milan), a fini par "prendre acte" du choix du patron de la FFF et se réserve le droit de signer où bon lui semble.

"Il est possible que je signe dans un club étranger si je suis sollicité, si le challenge qui m'est proposé m'intéresse, a-t-il affirmé le 6 mai sur TF1. Cela a été très clair, j'ai toujours envie et j'ai émis le souhait de continuer en équipe de France. Je ne mettais pas les résultats de l'Euro dans la balance."

Depuis la prise de fonctions de Blanc en juillet 2010, le climat s'est pourtant clairement assaini en équipe de France. Malgré quelques turbulences, le sélectionneur a rempli sa première mission: entamer la reconstruction des Bleus et les qualifier pour l'Euro. Avec 18 matches sans défaite d'affilée et quelques succès de prestige (Angleterre, Brésil, Allemagne), la confiance refait petit à petit son apparition au sein du groupe.

Pas assez au goût de Noël Le Graët, très exigeant dès qu'il est question de la sélection nationale.

"Il faut que l'équipe de France sorte de cette 16e place Fifa et elle a besoin de mieux s'exprimer au niveau du jeu et des résultats", a ainsi expliqué le président de la FFF jeudi. Une manière policée de mettre la pression sur Laurent Blanc qui connaît la règle du jeu: sortir des poules ou prendre la porte.

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