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25/05/2012 04:56 EDT | Actualisé 25/07/2012 05:12 EDT

Ban Ki-moon: des villes syriennes en partie contrôlées par l'opposition

Les opposants au régime de Bachar al-Assad contrôlent désormais des parts "importantes" de certaines villes en Syrie où le risque d'un conflit à grande échelle s'accroît, a averti vendredi le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

Les forces gouvernementales syriennes sont toujours responsables de violations "massives" des droits de l'homme, les opposants intensifient leurs opérations et "des groupes terroristes établis" sont soupçonnés d'être impliqués dans plusieurs attaques mortelles, détaille M. Ban dans un rapport qui doit être débattu devant le Conseil de sécurité la semaine prochaine.

"La crise est permanente sur le terrain et se caractérise par des violences régulières, une dégradation des conditions humanitaires, des violations des droits de l'homme et une confrontation politique continuelle", est-il écrit dans ce rapport.

Le médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe, Kofi Annan, doit par ailleurs se rendre à Damas pour la deuxième fois la semaine prochaine pour tenter à nouveau de promouvoir son plan de sortie de crise en six points.

Selon l'ONU, jusqu'à 10.000 personnes ont été tuées dans les violences qui durent depuis 15 mois. Un cessez-le-feu a officiellement été mis en place le 12 avril, mais il n'a jamais été respecté.

La mission des observateurs de l'ONU dans le pays "a observé des destructions matérielles considérables dues au conflit dans de nombreuses localités, dont en particulier certains zones tenues par l'opposition très touchées", pointe le rapport de Ban Ki-moon.

Les observateurs ont également souligné que "des parts importantes de certains villes semblent désormais sous le contrôle de facto de membres de l'opposition".

Le secrétaire général de l'ONU ne donne pas d'estimation de la proportion du territoire contrôlé par l'opposition, mais souligne "l'atmosphère de tension, de défiance et de peur" qui règne dans le pays.

"Il y a une impatience grandissante à l'égard du statu quo, mais aussi un manque de confiance dans la possibilité d'une authentique transition", avance encore le rapport: "Même si beaucoup craignent une militarisation accrue du conflit, d'autres ont des doutes sur l'éventualité d'une évolution pacifique".

La présence des observateurs de l'ONU a eu un "effet apaisant", mais le rapport de M. Ban rappelle que "le niveau de violence reste élevé".

Ban Ki-moon souligne en particulier l'accroissement du nombre d'attentats à la bombe dans des villes comme Damas, Alep, Hama ou Idlib, redoutant la présence dans le pays d'une "troisième force" terroriste qui pourrait faire obstacle à un éventuel accord entre le régime et l'opposition.

"La sophistication et la taille des bombes employées suggèrent un haut degré d'expertise, qui pourrait indiquer que des groupes terroristes établis se sont installés" dans le pays, poursuit-il. Dans ce rapport, M. Ban ne cite aucun groupe terroriste, mais il avait déjà fait part de sa crainte qu'Al-Qaïda ne soit impliqué dans certains des récents attentats.

Enfin, M. Ban met en garde dans ce rapport contre la fourniture d'une aide militaire au régime syrien ou à ses opposants, évoquant une démarche "contraire aux efforts que nous menons".

"Ceux qui étudient la possibilité d'aider l'une ou l'autre des parties en lui fournissant des armes, des formations militaires ou toute autre assistance militaire doivent reconsidérer leur position", conclut-il.

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