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24/05/2012 11:54 EDT | Actualisé 24/07/2012 05:12 EDT

Soccer: l'arbitre Webb fait un appel à ne pas simuler de blessures

BUDAPEST, Hongrie - Simuler des blessures sur le terrain peut compromettre les traitements pour les joueurs victimes d'arrêt cardiaque ou d'autres conditions menaçant leur vie, fait valoir un officiel ayant arbitré en finale de la Coupe du monde, Howard Webb.

La réaction rapide de Webb quand Fabrice Muamba s'est écroulé sur le terrain, le 17 mars, a aidé le milieu de terrain de Bolton à recevoir les soins qui ont sauvé sa vie.

Les réactions des arbitres pourraient être affectées si les joueurs «font semblant» trop souvent, a dit Webb.

Des joueurs blessés peu sérieusement tentent parfois d'obtenir un avantage tactique en restant au sol plus longtemps que nécessaire, pour abaisser le tempo de l'action.

«Je demanderais à tout le monde dans le football d'y réfléchir et aux joueurs de ne pas tenter d'en profiter», a dit l'officiel anglais.

Piermario Morosini, milieu de terrain avec Livourne, est décédé à la suite d'un arrêt cardiaque pendant un match de la série B italienne, le 14 avril.

La survie de Muamba, dont le coeur a arrêté de battre par lui-même pendant 78 minutes, est «un miracle incroyable», a dit Webb.

Muamba a obtenu son congé d'un hôpital londonien le 16 avril, mais les cardiologues n'ont pas encore décidé quand il pourra recommencer à jouer.

La FIFA a donné une tribune à Webb dans le cadre d'un congrès de deux joueurs de professionnels de la santé, qui ont étudié des cas cardiaques impliquant des joueurs de soccer.

La FIFA a documenté 84 cas de joueurs ayant succombé à une crise cardiaque, et 23 cas de joueurs ayant survécu. Cinq morts subites restent inexpliquées.

Le présidente de la FIFA, Sepp Blatter, a dit qu'il y a encore beaucoup de travail à faire pour mieux protéger la santé des joueurs.

«À presque chaque semaine, nous devons envoyer une lettre de condoléances à une association nationale à la suite d'un décès», a dit Blatter aux délégués.

Des études venant de 123 pays révèlent que l'âge moyen dans les cas de décès était de 24,9 ans. La plus jeune victime avait 13 ans, a dit le chef de l'équipe médicale de la FIFA, Jiri Dvorak.

Dvorak a dit aux délégués que seulement la moitié des pays sondés exigent des tests d'échocardiogramme en première division. De tels examens sont obligatoires lors des tournois de la FIFA.

Les délégués ont déploré que des défibrillateurs n'étaient disponibles que dans 23 cas d'urgence. Ils ont appris qu'un joueur qui s'effondre mourra s'il ne reçoit pas de choc électrique dans un délai maximal de trois minutes.

Webb dit que les arbitres sont sous pression au moment de décider s'ils arrêtent le jeu pour qu'un joueur reçoive des traitements. Il a averti les joueurs de ne pas simuler la douleur, par crainte que cela affecte le jugement des officiels.

«Si les joueurs font semblant trop souvent, il se peut que nous ne réagissions pas de la bonne façon, a dit Webb. Si nous devenons critiqués parce que le jeu est trop souvent arrêté pour laisser intervenir les médecins ou les thérapeutes, les arbitres pourraient être tentés à certains moments de ne pas arrêter le match.»