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24/05/2012 11:23 EDT | Actualisé 24/07/2012 05:12 EDT

Peine de mort requise contre Ben Ali, une décision "politique" (avocat)

Un des avocats de l'ex-président tunisien Zine El Abidine Ben Ali, jugé par contumace pour son rôle dans la répression en janvier 2011 du soulèvement populaire, a qualifié jeudi la peine de mort requise contre son client de décision "politique" sans valeur légale.

Le procureur du tribunal militaire du Kef (nord-ouest) a requis mercredi la peine capitale contre M. Ben Ali, poursuivi pour "complicité d'homicides volontaires". L'ex-président a fui en Arabie saoudite de Ben Ali le 14 janvier 2011 sous la pression de la rue.

"La décision du procureur général du tribunal militaire tunisien qui a demandé la peine de mort contre le président Zine El Abidine Ben Ali pour le meurtre de manifestants est une décision politique et pas judiciaire", a estimé l'avocat libanais Akram Azoury dans un communiqué.

Il a ajouté considérer que le jugement n'avait "aucune valeur légale".

C'est la première fois que la peine capitale est requise contre l'ancien président tunisien, qui a déjà été condamné par contumace par la justice civile à plus de 66 ans de prison, notamment pour trafic de drogue et abus de biens publics.

Au cours du procès du Kef, entamé à la fin de l'année dernière, aucun des prévenus n'a reconnu avoir donné l'ordre de tirer, chacun renvoyant la responsabilité à une "cellule sécuritaire de suivi" et à "la salle d'opération" du ministère de l'Intérieur, sans jamais mentionner de noms.

Parmi les 22 co-accusés de M. Ben Ali figurent les ex-ministres de l'Intérieur Rafik Belhaj Kacem et Ahmed Friaâ, ainsi que l'ancien directeur général de la sûreté Adel Tiouiri et l'ex-chef des brigades spéciales, Jalel Boudriga.

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