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24/05/2012 04:53 EDT | Actualisé 23/07/2012 05:12 EDT

Nucléaire: pas de bases pour d'autres négociations en l'état, estime l'Iran

Les discussions à Bagdad entre les grandes puissances et l'Iran sur le programme nucléaire controversé iranien semblaient jeudi bloquées, Téhéran estimant que les bases pour une poursuite des négociations après la réunion n'étaient pas réunies.

Mais les participants tentaient toujours en milieu de journée de parvenir à un accord.

Prévues initialement pour la seule journée de mercredi, les discussions, qui regroupent l'Iran, l'UE et les représentants des membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie, Chine) plus l'Allemagne, ont été prolongées à jeudi.

"Il semble que les bases pour une nouvelle session de négociations n'existent pas encore, à moins que dans les deux heures qui viennent les deux parties n'aboutissent à un accord", a déclaré tôt jeudi matin un responsable iranien sous le couvert d'anonymat.

L'absence d'accord sur une poursuite des négociations après celles de Bagdad, si elle se confirmait, serait un échec pour les partisans d'un règlement du dossier par la voie diplomatique.

L'enjeu de la réunion de Bagdad était justement de tenter de jeter les bases d'un processus de négociations destiné à résoudre la crise autour de ce dossier qui empoisonne depuis des années les relations entre l'Iran et une grande partie de communauté internationale et fait planer la menace d'un conflit armé dans la région.

Le chef de la délégation iranienne, Saïd Jalili, et la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton devraient donner chacun une conférence de presse à l'issue des discussions.

"Nous n'avons pas abordé la question de la date et du lieu des négociations après celle de Bagdad car nous n'avons pas atteint ce stade dans les discussions", a indiqué le responsable iranien.

"L'autre partie connaît la position de l'Iran à ses propositions, mais nous n'avons pas reçu de réponses à nos propositions", a-t-il poursuivi.

"Il semble que le niveau des délégations 5+1 ne soit pas suffisamment élevé pour prendre des décisions nécessaires", a-t-il noté. Ce groupe est représenté par de hauts fonctionnaires des Affaires étrangères.

Le groupe 5+1 cherche à avoir des "garanties" de l'Iran qu'il ne cherche pas à fabriquer l'arme atomique, tandis que l'Iran souhaiterait notamment la levée des sanctions imposées par l'ONU et qui pèsent lourdement sur son économie.

Mercredi, le groupe 5+1 avaient présenté à l'Iran un paquet de propositions qualifiées d'"intéressantes". Le détail n'en est pas connu mais elles pourraient, d'après des médias, requérir que l'Iran suspende son enrichissement d'uranium à 20%, une mesure qui apparaît désormais centrale dans tout règlement.

Mais l'Iran a mal accueilli ces propositions, jugées "déséquilibrées", avant de présenter des "contre-propositions" puis de demander une "révision" des positions des grandes puissances.

Téhéran affirme que son programme nucléaire est purement pacifique, mais nombre de pays y voient une tentative dérobée de rejoindre le club fermé des puissances nucléaires. Israël, qui se sent menacé et doute de l'efficacité des sanctions contre Téhéran, n'exclut pas une éventuelle opération militaire.

Avant le début de la réunion, M. Jalili avait espéré que les négociations constitueraient "le point de départ d'une nouvelle ère" entre l'Iran et la communauté internationale.

"Nous sentons que l'Occident a compris que ce n'était plus le moment d'utiliser sa stratégie de pression", a-t-il dit en allusion aux sanctions.

Les discussions de Bagdad font suite à une visite lundi à Téhéran du directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Yukiya Amano, qui a annoncé un "accord" de principe sur des mesures visant à lever les incertitudes sur la nature du programme nucléaire iranien, qui doit être signé "prochainement".

Washington a qualifié cette annonce de "pas en avant", mais prévenu qu'elle jugerait "le comportement de l'Iran sur la base de ses actes".

Plusieurs médias iraniens ont accusé jeudi les grandes puissances de s'être alignées sur les positions d'Israël lors des discussions de Bagdad, et exprimé leurs doutes sur les chances d'un succès.

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