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24/05/2012 06:04 EDT | Actualisé 24/07/2012 05:12 EDT

Nucléaire iranien: les négociations vont se poursuivre à Moscou le mois prochain

BAGDAD - Les négociations entre l'Iran et le groupe des Six ont pris fin jeudi à Bagdad par un projet de rencontre le mois prochain pour une nouvelle ronde de pourparlers. Aucun accord significatif n'a toutefois été conclu pour apaiser les craintes de la communauté internationale quant au controversé programme nucléaire iranien.

La poursuite du dialogue permet pour l'instant d'écarter la possibilité d'une action militaire contre les installations nucléaires iraniennes, une offensive plusieurs fois évoquée par Israël.

Les émissaires de l'Iran et du groupe des Six (États-Unis, Russie, Chine, Royaume-Uni, France et Allemagne) ont déclaré qu'ils se rencontreraient de nouveau à Moscou, le mois prochain. Mais les deux parties ne se sont pas entendues sur grand-chose d'autre durant leurs deux jours de discussions, qui ont mis en évidence la difficulté de conclure des accords entre l'Iran et les pays occidentaux.

«Il est clair que les deux parties veulent faire des progrès et qu'il y a un terrain commun, a déclaré la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, qui dirige les pourparlers. Néanmoins, des divergences significatives demeurent. Mais nous sommes d'accord sur le besoin de poursuivre les discussions afin d'élargir ce terrain commun.»

Le principal négociateur iranien, Saeed Jalili, a présenté de façon tiède le résultat des négociations à Bagdad, compte tenu du refus des Six d'alléger les sanctions contre l'Iran, comme l'espérait Téhéran.

«Le résultat des pourparlers, c'est que nous avons été en mesure de nous familiariser avec les points de vue de l'autre partie», a dit M. Jalili lors d'une conférence de presse.

Les discussions de Bagdad avaient commencé par un espoir de progrès, avant que les deux parties s'accusent mutuellement de ne pas présenter de propositions significatives et réalistes. Les discussions ont aussi montré que les négociateurs américains n'avaient pas l'intention de faire pression pour obtenir un accord ou un ultimatum qui auraient pu faire dérailler les négociations.

«Nous avançons pas à pas», a déclaré un haut diplomate américain qui a réclamé l'anonymat. «C'est bon pour eux. C'est bon pour nous. C'est bon pour le monde.»

À Washington, la secrétaire d'État Hillary Clinton a affirmé qu'il y avait toujours des divergences significatives entre les deux parties, et qu'il revenait à l'Iran de «réduire le fossé».

«L'Iran a maintenant un choix à faire: se conformer à ses obligations internationales et rassurer le reste du monde sur ses intentions, ou pas», a dit Mme Clinton.

Le message général reste néanmoins de poursuivre les discussions. Les parties se retrouveront à Moscou les 18 et 19 juin.

«Toutes les parties veulent gagner du temps», a analysé Bruno Tertais, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique à Paris. «Les pays occidentaux veulent que les sanctions continuent de faire mal à l'Iran, et l'Iran veut maintenir à distance les discussions sur une intervention militaire.»