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24/05/2012 10:18 EDT | Actualisé 24/07/2012 05:12 EDT

L'ONU affirme que l'armée est responsable de la plupart des violences en Syrie

GENÈVE - Les forces syriennes et les groupes armés antigouvernementaux commettent des meurtres, torturent leurs opposants et maltraitent des enfants, affirme une commission d'experts de l'ONU, qui souligne toutefois que ce sont les forces gouvernementales qui sont responsables de la grande majorité de ces violences.

Dans son rapport publié jeudi, la Commission internationale indépendante chargée d'enquêter sur les évènements en Syrie constate une tendance inquiétante à la violence des deux parties du conflit, qui s'est «de plus en plus militarisé» malgré le cessez-le-feu entré en vigueur le 12 avril. Ce rapport s'appuie sur des centaines d'entretiens réalisés depuis le mois de mars auprès de victimes et de témoins qui ont quitté la Syrie.

La Commission, constituée de trois membres, souligne également que le conflit a changé et que le gouvernement fait désormais face à des combattants armés et bien organisés, aidés par les déserteurs de l'armée.

Les violations des droits de la personne par les forces du gouvernement se produisent «le plus souvent lors d'attaques militaires à grande échelle, sur des lieux précis connus pour abriter des déserteurs et des sympathisants de la lutte contre le régime», explique le rapport.

Depuis le mois de mars, les forces gouvernementales ont tué des civils lors de manifestations contre le président Bachar el-Assad à Idlib, Homs, Alep, Hama, Damas, Deraa et dans de «nombreux villages dans tout le pays». La méthode consiste à bloquer les principales routes d'un quartier ou d'un village avant d'attaquer.

Une fois la cible bombardée, les forces gouvernementales, encadrées par des tireurs embusqués sur les toits, fouillent maison par maison. Dans certains cas, les suspects sont exécutés sur-le-champ.

«Des combattants des groupes armés antigouvernementaux ont été tués après avoir été blessés ou capturés. Dans certains cas graves, des familles entières ont été abattues chez elles», affirme le rapport.

La torture et le passage à tabac des opposants sont monnaie courante, et des enfants ont même été «torturés pour qu'ils avouent que les hommes de leur famille appartiennent à l'Armée syrienne libre ou qu'ils en sont des sympathisants», dénonce la Commission. Des enfants ont également été tués par des tireurs embusqués.

Depuis le début de l'insurrection contre le régime de Bachar el-Assad, plus de 9000 personnes ont été tuées en Syrie, selon un bilan de l'ONU.

Jeudi, des mouvements d'opposition ont affirmé que les forces gouvernementales avaient bombardé la ville de Rastan, contrôlée par les rebelles, tuant au moins trois personnes. Par ailleurs, l'agence de presse officielle SANA a annoncé qu'un groupe armé avait assassiné un lieutenant, tirant sur lui et son fils de 13 ans près de Damas.

Les violences en Syrie se sont propagées au Liban voisin, où des affrontements liés à ce conflit ont fait au moins dix morts au cours des deux dernières semaines.