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24/05/2012 02:32 EDT | Actualisé 24/07/2012 05:12 EDT

L'euro reste en mauvaise posture après le sommet européen

L'euro restait en mauvaise posture jeudi, à des niveaux de faiblesse inédits depuis près de deux ans face au dollar, dans un marché toujours hanté par le spectre d'une sortie de la Grèce de la zone euro et guère rassuré par le sommet européen de la veille.

Après sa dégringolade de la veille, la monnaie unique européenne a glissé jusqu'à 1,2516 dollar jeudi vers 08H00 GMT, son plus bas niveau depuis début juillet 2010, avant de limiter ses pertes et de se stabiliser en fin de matinée. Vers 17H45 GMT l'euro s'échangeait 1,2534 dollar.

Le sommet européen de mercredi soir "a été une véritable déception", car aucune nouvelle mesure pour la croissance n'a été esquissée, "et l'Allemagne apparaît encore très loin de soutenir une solidarité budgétaire accrue" au sein de la zone euro, a observé Steen Jakobsen, économiste chez SaxoBank.

Réunis à Bruxelles, les dirigeants de l'Union européenne ont envoyé aux yeux des marchés un message de division, le président français François Hollande s'opposant notamment à la chancelière allemande Angela Merkel sur la question des euro-obligations.

Selon M. Jakobsen, "on a l'impression que ce sommet était simplement une mise à jour du profil Facebook de l'Union européenne: voici le nouveau président français, un chic type, voici les photos...", mais sans mesures concrètes "alors que les artifices pour gagner du temps s'épuisent".

Les participants se sont certes entendus pour réaffirmer leur soutien à l'adhésion de la Grèce à l'euro aussi longtemps qu'Athènes maintiendra ses engagements de réformes structurelles. Mais pas de quoi convaincre les investisseurs.

"Ces propos largement attendus ne sont pas exactement rassurants, puisqu'il est probable que de telles déclarations seront faites jusqu'à la veille d'une sortie effective de la Grèce" de l'euro, ont ironisé les analystes de Commerzbank.

"On a eu les platitudes habituelles, les claques dans le dos (...) mais les vraies décisions sur les eurobonds ou un pare-feu renforcé de la zone euro ont été repoussés au prochain sommet européen fin juin... or, à ce moment-là, il sera peut-être trop tard", a renchéri Simon Denham, directeur de la maison de courtage Capital Spreads.

Le marché est suspendu au nouveau scrutin législatif prévu en Grèce le 17 juin, redoutant une nouvelle poussée des partis anti-austérité qui pourrait précipiter une sortie du pays de l'Union monétaire.

Pour les cambistes, il s'agit du pire scénario, l'onde de choc pouvant se propager à d'autres pays en difficulté, au premier rang desquels l'Espagne, minée par les fragilités de son système bancaire.

Cependant, "même si la Grèce reste dans l'euro, elle demeurera une source de perturbations majeure (...) et l'Espagne, de son côté, continuera de poser une menace en soi à la cohérence de la zone euro", a observé Jane Foley, analyste de Rabobank.

Les indicateurs macroéconomiques maussades publiés jeudi ont contribué à accentuer encore davantage la pression sur le marché.

L'activité du secteur privé a ainsi enregistré une forte contraction en mai dans la zone euro et le moral des investisseurs allemands a chuté le même mois, tandis que le Royaume-Uni confirmait son retour en récession avec une contraction plus marqué que prévue de son économie au premier trimestre de l'année.

Dans ce contexte, les investisseurs plébiscitaient les actifs jugés les plus sûrs, tel le dollar ou le yen, grimpé à son plus haut niveau en 4 mois face à l'euro, mais aussi les obligations allemandes, dont le rendement est tombé jeudi à un nouveau plus bas historique.

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