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24/05/2012 06:27 EDT | Actualisé 24/07/2012 05:12 EDT

La peine capitale requise contre l'ex-président tunisien Ben Ali

TUNIS, Tunisie - La peine capitale a été requise contre l'ex-président tunisien Zine el Abidine ben Ali, jugé par contumace pour son implication dans des homicides volontaires lors du soulèvement populaire qui a fait chuter son régime en janvier 2011, a rapporté l'agence officielle tunisienne TAP.

Le procureur a également requis «les peines les plus sévères» contre ses 22 coaccusés, dont l'ancien ministre de l'Intérieur Rafik Haj Kacem et de hauts responsables de la sécurité, pour la plupart en état d'arrestation.

Le président déchu et ses coaccusés sont poursuivis dans l'affaire dite de «Thala, Kasserine, Kairouan et Tajérouine», quatre villes du centre tunisien où la répression policière a fait plusieurs dizaines de morts pendant le soulèvement.

L'avocat de la défense, Sami Souissi, a rejeté la requête du ministère public, la qualifiant de «non fondée dans la forme comme dans le fond».

De son côté, l'avocat de Rafik Haj Kacem, Me Othman Oueslati, a avancé que l'ancien ministre de l'Intérieur n'avait reçu aucun ordre de tuer de l'ex-président Ben Ali et a demandé un non-lieu pour son client.

C'est la première fois que la peine capitale est requise contre l'ex-président tunisien, actuellement réfugié en Arabie Saoudite.

Il a déjà été condamné par défaut dans des affaires civiles à 66 ans de prison pour détention illicite d'armes, trafic de drogue, malversations et abus de biens publics.

Une autre affaire similaire est en cours devant le tribunal militaire de Tunis pour les meurtres perpétrés dans les régions du nord du pays.

Selon le dernier bilan établi par une commission indépendante dirigée par un ancien président de la Ligue tunisienne des droits de l'homme, Taoufik Bouderbala, au moins 338 personnes ont trouvé la mort lors de la répression du soulèvement populaire, et 2147 autres ont été blessées.