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24/05/2012 09:33 EDT | Actualisé 24/07/2012 05:12 EDT

JO-2020 - Istanbul: un destin à la Rio?

Fascinante, mais inquiétante sur le plan logistique, la candidature d'Istanbul à l'organisation des jeux Olympiques 2020 rêve d'un destin à la Rio, mégapole choisie pour 2016 avec qui elle partage plus d'une similitude.

Il y a quatre ans, Rio de Janeiro était sorti bonne dernière de la première sélection opérée par le CIO en vue de l'attribution des JO-2016. Techniquement, elle ne rivalisait pas avec Tokyo ou Chicago, favorites d'alors. On connaît aujourd'hui la fin de l'histoire.

Istanbul a 15 mois pour rejouer le scénario. Hassan Arat, l'homme d'affaires immédiatement nommé pour devenir patron de la candidature -la cinquième de la ville en 20 ans-, ne s'y trompe pas.

"Nous sommes mieux placés que jamais pour réaliser notre rêve et obtenir les Jeux", commentait-il mercredi immédiatement après l'annonce de la sélection du CIO, autorisant Madrid, Tokyo et Istanbul à poursuivre, mais éliminant Doha et Bakou, et quelques minutes avant la première manifestation de soutien de la Grande-Bretagne à la candidature turque.

Tokyo, une nouvelle fois la meilleure élève au regard du rapport technique, est du même avis. "Istanbul est notre plus grand rival", a déclaré le vice-président du Comité olympique nippon.

Car la Turquie a un profil comparable à celui du Brésil d'il y a quatre ans. Pays jeune (plus de 50% de la population a moins de 25 ans), dynamique, en pleine croissance économique (8,5% en 2011), elle compte utiliser les JO pour remodeler, moderniser et assainir sa métropole au risque de proposer un événement éclaté, victime de temps de transports prohibitifs, au détriment des athlètes, comme le souligne le rapport du CIO.

Là où Rio possédait un site unique ponctué du Pain de sucre, de Copacabana et du Corcovado, produits d'appel de choix pour les électeurs, Istanbul et ses 12 millions d'habitants fait encore mieux en proposant des Jeux sur deux continents séparés par le mythique Bosphore.

Enfin, le dossier peut se targuer, comme celui de Rio, d'un soutien massif d'un public avide de sport et d'un gouvernement qui a fait voter en 1992, date de la première candidature stambouliote, une loi olympique unique faisant des JO une priorité nationale.

Aujourd'hui pourtant, la priorité est plus floue. Fou de foot, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a publiquement exhorté fin mars l'UEFA à donner à son pays l'Euro-2020, tout en signant de l'autre main la lettre de garantie exigée par le CIO selon laquelle le pays-hôte s'engage à n'organiser aucun événement concurrent l'année des JO.

La Turquie pourra-t-elle mener de front ces deux dossiers? Avec un net avantage aux JO dont l'attribution est décidée avant l'Euro (septembre 2013 contre début 2014) qui pourrait alors servir de lot de consolation.

Le pays, en tout cas, comme le Brésil qui accueillera le Mondial de foot deux ans avant les Jeux, se sent prêt à tout.

cha/gf/nip