NOUVELLES
24/05/2012 10:10 EDT | Actualisé 24/07/2012 05:12 EDT

Jean Charest affirme qu'il s'implique pour dénouer la crise étudiante

QUÉBEC - Au lendemain de l'arrestation de près de 700 personnes à Montréal et Québec, le premier ministre Jean Charest a assuré qu'il s'implique dans les efforts pour dénouer la crise sociale provoquée par le conflit sur la hausse des frais de scolarité.

Au Parti québécois qui le presse depuis des semaines de jouer un rôle plus important compte tenu de la situation qui dégénère, M. Charest a affirmé jeudi que «toute l'équipe» est mobilisée.

«Je veux dire à tous les Québécois aujourd'hui que c'est tout le gouvernement qui travaille pour que nous puissions le plus rapidement possible assurer la paix sociale, a-t-il dit en Chambre. Tout le gouvernement. Et je suis le premier à m'impliquer dans ces efforts et nous le faisons en équipe.»

M. Charest avait annulé une visite officielle à Burlington, au Vermont, pour être en Chambre jeudi. Mais selon son cabinet, cette décision n'est pas reliée aux arrestations massives à Montréal et Québec, mais visait plutôt à assurer aux libéraux une majorité au Salon bleu.

Jeudi, avant la période des questions, la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, a elle-aussi insisté sur l'implication du premier ministre dans le dossier, même avant la démission fracassante de sa prédécesseure Line Beauchamp, le 14 mai.

«Que ce soit avec Mme Beauchamp ou que ce soit avec moi, le premier ministre est constamment, constamment à nos côtés, a-t-elle dit. Il fait partie des discussions, il fait partie des décisions. Et vous comprendrez que c'est le premier ministre, c'est notre chef.»

Lors d'un bref point de presse, Mme Courchesne a déclaré qu'elle prévoit prochainement une rencontre de la plus haute importance avec les leaders étudiants.

«Il y aura vraisemblablement des rencontres, mais de chaque côté, on a convenu qu'on prendrait le temps de préparation nécessaire, parce que vous comprendrez que ce va être une rencontre très, très importante», a-t-elle répondu.

Au cours des derniers jours, a-t-elle indiqué, de nombreux échanges ont eu lieu avec la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), tandis que la Coalition large de l'association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) devait être contactée dans la journée de jeudi.

«Les discussions avec les représentants ont été très positives», a dit Mme Courchesne.

Selon la ministre, dans le contexte où la crise étudiante perdure depuis plus de 100 jours, le moment d'une rencontre sera décidé sous peu par les parties.

«Ce que les parties souhaitent, c'est une sortie de crise, a-t-elle dit. C'est sûr que si on prend le temps de préparation requis, c'est parce que de part et d'autre on est très conscients du sérieux de la situation et que, de part et d'autre, on veut mettre toutes les chances de notre côté pour arriver à une entente.»

Toujours en attente d'une confirmation, la FEUQ a indiqué qu'une rencontre serait prévue en début de semaine prochaine.

En Chambre, la chef péquiste Pauline Marois a souligné que les nombreuses arrestations de manifestants de la veille —518 à Montréal, 176 à Québec — s'ajoutent aux 2000 autres effectuées depuis le début du conflit.

«C'est inconcevable, a-t-elle dit. Ça dépasse l'entendement, ce qui est en train de se produire au Québec. C'est sans précédent dans notre histoire. Le régime libéral se radicalise. Cette radicalisation se fait sur le dos de vos concitoyens et elle ne mènera nulle part.»

Mme Marois a réclamé une fois de plus que M. Charest se décide à bouger «sur le coeur du litige», tandis que la députée péquiste Marie Malavoy a demandé au premier ministre de s'asseoir avec les étudiants pour négocier.

Le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, a pour sa part défendu la mise en oeuvre de la loi spéciale 78, adoptée la semaine dernière pour suspendre les cours dans les institutions en grève et limiter les manifestations, une mesure qui semble avoir donné un second souffle aux protestations.

«Ce n'est pas arbitrairement, ce sont des lois, ce sont des lois qui sont appliquées, a-t-il dit. Et elles sont appliquées par des forces policières, sans intervention politique. Je le répète, il n'y a pas de police politique au Québec.»