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24/05/2012 07:10 EDT | Actualisé 24/07/2012 05:12 EDT

Etobicoke-Centre: l'ex-député libéral veut qu'Élections Canada ouvre une enquête

OTTAWA - Un ancien député libéral défait lors des élections fédérales de 2011 n'est pas satisfait d'un jugement qui a invalidé les résultats dans sa circonscription torontoise d'Etobicoke-Centre pour des motifs de procédure.

Borys Wrzesnewskyj demande maintenant à Élections Canada d'ouvrir une enquête sur des allégations plus sérieuses selon lesquelles l'équipe du candidat conservateur victorieux, Ted Opitz, aurait dissuadé des électeurs d'exercer leur droit de vote et bourré les urnes.

En conférence de presse jeudi à Ottawa, M. Wrzesnewskyj a déclaré que ce genre de choses n'arrivaient pas au Canada, mais que certaines personnes avaient trouvé une brèche dans le système et qu'elles en avaient profité.

Dans sa décision rendue la semaine dernière, le juge de la Cour supérieure de l'Ontario Thomas Lederer avait conclu que les irrégularités au scrutin dans cette circonscription étaient le résultat d'erreurs administratives commises de bonne foi par des représentants d'Élections Canada, et non de gestes frauduleux.

Borys Wrzesnewskyj a toutefois expliqué que cette décision résulte du fait qu'il a écouté le conseil du magistrat et limité sa plainte à 10 bureaux de scrutin où il était certain d'être en mesure de prouver que plus de 26 bulletins avaient été acceptés alors qu'ils n'auraient pas dû l'être, ce qui pouvait potentiellement changer le résultat des élections de mai dernier.

Le libéral a en effet perdu par seulement 26 voix devant son rival conservateur.

Le juge Lederer a annulé 79 bulletins en raison d'irrégularités, incluant notamment des formulaires mal remplis pour les électeurs qui ne figuraient pas sur la liste ou qui avaient besoin de quelqu'un pour confirmer leur identité.

Les conservateurs n'ont pas encore décidé s'ils porteraient le jugement en appel. Si la décision n'est pas contestée, des élections partielles devront être organisées dans Etobicoke-Centre.

M. Wrzesnewskyj a révélé qu'il avait laissé tomber les autres allégations plus incendiaires parce qu'il ne voulait pas que la cause mette des années à être traitée par le système judiciaire et qu'il n'avait pas les moyens d'embaucher des enquêteurs privés pour prouver ses dires.

Jeudi, l'ex-député a répété les accusations qu'il avait présentée en cour au départ, soutenant que le directeur de campagne de Ted Opitz avait fait une scène à un bureau de scrutin situé dans une résidence de personnes âgées d'origine ukrainienne et ainsi empêché certains électeurs de voter.

Il a également raconté qu'un autre employé de la campagne du candidat conservateur avait utilisé une chaise pour bloquer le passage à un autre bureau de scrutin et avait ensuite engueulé l'une des préposées jusqu'à ce qu'elle fonde en larmes. Encore une fois, l'incident a poussé des citoyens à quitter sans déposer leur bulletin.

Élections Canada n'a pas voulu dire si une investigation avait été lancée au sujet des allégations de Borys Wrzesnewskyj.

Le porte-parole du Parti conservateur, Fred DeLorey, s'est pour sa part moqué de la démarche de l'ancien député d'Etobicoke-Centre, affirmant qu'il avait élevé la diffamation au rang d'art.

«Le juge a clairement établi que Ted Optiz et la campagne conservatrice avaient suivi les règles», a-t-il rappelé.

«Il est évident que M. Wrzesnewskyj a présenté ses meilleurs arguments au tribunal. Alors, le fait qu'il reprenne maintenant à l'extérieur de la salle d'audience ce qu'il avait abandonné à l'intérieur en dit long sur la solidité de ses allégations.»