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24/05/2012 04:43 EDT | Actualisé 23/07/2012 05:12 EDT

Des médias iraniens dénoncent un alignement des 5+1 sur Israël

Plusieurs médias iraniens ont accusé jeudi matin les grandes puissances de s'être alignées sur les positions d'Israël lors des discussions de Bagdad sur les moyens de sortir de la crise nucléaire avec l'Iran, et exprimé leurs doutes sur les chances d'un succès.

"Les discours (des représentants des 5+1) lors des discussions ressemblent beaucoup à ceux du Premier ministre israélien (Benjamin Netanyahu) et de son ministre de la Défense" Ehud Barak, selon le correspondant de la chaîne de télévision en arabe Al-Alam présent à Bagdad.

Les chances de surmonter les divergences de position entre les deux parties sont "faibles" en raison du "manque de temps", a-t-il ajouté.

Les agences semi-officielles Fars et Mehr ont accusé dans des termes quasiment identiques à ceux d'Al-Alam les grandes puissances de s'être alignées sur Israël, ennemi déclaré de l'Iran qui a juré sa disparition, ce qui permet de penser que cette accusation a été soufflée aux médias iraniens par un membre de la délégation de Téhéran.

Ces trois médias ont également dénoncé "l'absence de réponse claire" des grandes puissances aux contre-propositions de l'Iran, Fars accusant les 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne) de "jouer la montre" pour faire échouer les négociations.

Ils ont aussi critiqué l'emprise des Etats-Unis sur les négociations, Mehr accusant la délégation américaine de "faire obstruction à toute concession" à l'Iran.

"Ce sont les Américains qui mènent les discussions et les autres suivent", a confirmé Al-Alam. La Russie, traditionnellement plus réceptive aux positions iraniennes que les Occidentaux, "émet quelques objections mais ne peut influer sur le cours des discussions".

La télévision a confirmé que l'Iran "veut que les sujets abordés ne se concentrent pas sur le programme nucléaire iranien mais portent sur des questions plus larges", affirmant que cela avait fait l'objet d'un "accord à Istanbul" en avril, lors de la reprise du dialogue entre l'Iran et les Grandes puissances.

Par ailleurs, les propositions des 5+1 ne respectent pas l'idée de négociations "pas-à-pas" proposées par Moscou et soutenues par Téhéran, et qu'elles ne "donnent pas de garanties à l'Iran", selon Al-Alam qui n'a pas précisé de quelles garanties il s'agissait.

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