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23/05/2012 05:25 EDT | Actualisé 23/07/2012 05:12 EDT

Les marchés de plus en plus fébriles avec le sommet européen de Bruxelles

La nervosité des marchés financiers s'est brutalement accrue mercredi, faisant plonger les Bourses, chuter l'euro et bondir les obligations allemandes, à quelques heures d'un sommet européen qui ne parvient pas à dissiper les inquiétudes sur la Grèce et la zone euro.

Toutes les grandes Bourses européennes ont clôturé en baisse. Madrid a cédé 3,31%, au plus bas depuis fin mai 2003 et Milan a terminé au plus bas depuis plus de trois ans (-3,68%). La Bourse de Paris a chuté de son côté de 2,62%, Francfort terminant à -2,33% et Londres à -2,53%.

Wall Street a limité les pertes, le Dow Jones lâchant 0,05%.

L'euro n'a pas échappé à cette spirale de baisse, atteignant vers 21H00 GMT 1,2577 dollar, après avoir touché son niveau le plus faible depuis l'été 2010 à 1,2546 dollar.

A New York, le pétrole a fini à son plus bas depuis octobre, à 89,90 dollars, sur fond d'inquiétudes pour la Grèce.

L'hypothèse d'une sortie de la Grèce de la zone euro gagne chaque jour du terrain. Mercredi l'ancien Premier ministre du pays, Lucas Papademos, l'a ouvertement évoquée dans les colonnes du Wall Street Journal.

En outre, certaines rumeurs sont venues renforcer la nervosité ambiante.

"L'Eurogroupe aurait demandé à un groupe de travail de plancher sur l'avenir de la Grèce dans la zone euro", a indiqué un opérateur de marché sous couvert d'anonymat.

Les pays de la zone euro vont réfléchir aux mesures à prendre en cas de sortie de la Grèce de la monnaie unique, en vue de coordonner leurs positions, même s'ils ne pensent pas que ce scénario se réalisera et ne le souhaitent pas, a déclaré mercredi à l'AFP un diplomate européen, interrogé sur ce sujet.

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a accueilli en des termes similaires à Bruxelles le Premier ministre grec par intérim Panayotis Pikrammenos, en soulignant que la Commission "souhaitait ardemment que la Grèce reste membre de la zone euro". "Nous ferons tout notre possible pour que ce soit le cas", a-t-il déclaré.

Les dirigeants européens se sont retrouvés dans la soirée à Bruxelles pour un sommet informel, consacré à la Grèce, mais aussi à l'Espagne et aux moyens de relancer l'économie.

La perspective de cette réunion, qui ne devrait pas déboucher sur des décisions concrètes, n'est pas parvenue à apaiser les tensions. Les investisseurs continuent à se ruer sur les valeurs sûres, à commencer par les titres de la dette allemande.

Pour la première fois, l'Allemagne a emprunté mercredi sur le marché obligataire avec un coupon zéro, c'est-à-dire qu'elle ne paiera pas d'intérêt sur cette dette tant celle-ci est plébiscitée. La Bundesbank, chargée de l'opération, a indiqué avoir levé 4,55 milliards d'euros d'obligations à deux ans (Schatz). La demande a été forte: plus de 7,74 milliards d'euros d'offres ont été reçues.

De leur côté, les taux allemands sur dix ans ont à nouveau atteint un plus bas historique à 1,77% vers 16H45 (14H45 GMT), avant de remonter légèrement tandis que le taux espagnol de même échéance dépasse depuis plusieurs jours les 6%.

Ce différentiel inquiète le gouvernement espagnol, comme l'a rappelé mercredi à Paris son chef Mariano Rajoy, aux côtés du président français François Hollande. A mots couverts, il a réclamé l'aide de la BCE pour permettre à son pays d'alléger le fardeau de cette dette, celle-ci pouvant racheter massivement des titres circulant déjà sur le marché afin de faire baisser les coûts d'emprunt.

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