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23/05/2012 01:50 EDT | Actualisé 23/07/2012 05:12 EDT

L'armée bombarde Rastane, les sanctions durement ressenties en Syrie

L'armée syrienne a bombardé mercredi la ville de Rastane, défendue farouchement par les rebelles, avant l'arrivée des observateurs internationaux déployés en Syrie où les sanctions internationales sont durement ressenties.

Alors que l'engrenage de la violence se poursuit avec la mort d'au moins 15 personnes dans la répression et les combats entre soldats et insurgés, la Russie, principale alliée de Damas, a une nouvelle fois proposé d'accueillir un dialogue entre le pouvoir et l'opposition sous l'égide de l'ONU.

Mais cette proposition risque de rester lettre morte tant les différends sont profonds entre le régime et l'opposition, le premier ne reconnaissant pas la contestation qu'il assimile à du "terrorisme", et le second exigeant en préalable le départ du président Bachar al-Assad.

Et les forces gouvernementales ont poursuivi les perquisitions, les arrestations, les raids et les bombardements dans plusieurs secteurs du pays, selon les militants et l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

L'armée a bombardé pendant plusieurs heures Rastane (centre), a annoncé l'OSDH. La ville, presque vidée de ses habitants et défendue par un grand nombre de hauts gradés rebelles, est encerclée par l'armée, qui tente depuis des mois de la reprendre.

En fin d'après-midi, les bombardements ont cessé "avec l'arrivée des observateurs de l'ONU" qui ont entendu le bruit des obus, a dit via Skype le militant Abou Rawane et l'OSDH. "Que Dieu nous protège quand ils partiront", a ajouté le militant.

Déployés progressivement, les observateurs de l'ONU, qui sont actuellement environ 270, ne parviennent pas à faire respecter la trêve prévue par le plan de paix de l'émissaire international Kofi Annan, officiellement en vigueur depuis le 12 avril mais largement ignorée.

Outre le bombardement de Rastane, trois personnes ont été tuées par l'explosion d'une bombe contre un bus sur la route de l'aéroport international de Damas, a dit l'OSDH.

Cinq soldats qui voulaient faire défection ont été tués dans la province de Damas et sept civils péri: trois à Deir Ezzor (est), un dans la région d'Alep (nord), deux dans la province de Homs (centre) et un à Deraa (sud), selon la même source.

Pour tenter de trouver une issue à la crise, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov, a dit que son pays avait "proposé de commencer un dialogue à Moscou" entre le régime et l'opposition à l'étranger pour discuter de "toutes les questions".

"Nous nous félicitons du fait que cette tâche soit inscrite avec précision dans les six points du plan Annan entériné par le Conseil de sécurité de l'ONU" a-t-il ajouté.

Parallèlement, l'économie syrienne continue de pâtir du conflit qui dure depuis plus de 14 mois, et des sanctions économiques et financières imposées par les Etats-Unis et l'Union européenne, qui ont appelé au départ de M. Assad.

"Le secteur pétrolier a perdu près de 4 milliards de dollars à cause des sanctions européennes et américaines injustes, empêchant l'exportation et l'importation de pétrole et de dérivés pétroliers", a déclaré le ministre syrien du Pétrole, Soufiane Allaou.

Il a accusé l'UE et les Etats-Unis de vouloir "faire pression sur le peuple syrien en élargissant l'embargo". Selon lui, un navire vénézuélien transportant 35.000 tonnes de mazout est arrivé en Syrie, et des négociations sont en cours avec Moscou "pour l'importation de mazout et de gaz domestique".

Des informations de militants anti-régime ont aussi provoqué d'intenses spéculations en faisant état de la mort du vice-ministre de la Défense, Assef Shawkat, beau-frère de M. Assad, qui aurait été assassiné et enterré dans son village.

Les autorités ont refusé de répondre à la presse sur le sort de M. Shawkat, l'une des figures les plus détestées des opposants au régime.

Au total, plus de 12.600 personnes, en majorité des civils, ont été tuées depuis le début de la révolte, selon l'OSDH.

S'exprimant sur l'enlèvement de 13 Libanais mardi dans la région d'Alep (nord), l'Armée syrienne libre (ASL, formée de déserteurs) a nié toute responsabilité.

"Nous n'opérons pas comme ça. C'est une tentative de porter atteinte à l'image de l'ASL", a indiqué le général Moustapha Al-Cheikh, chef du Conseil militaire de l'ASL basé en Turquie, en pointant du doigt le régime.

Le Conseil national syrien, principale coalition de l'opposition, soupçonne le régime d'être derrière l'enlèvement "pour créer des troubles au Liban, un pays frère qui accueille les réfugiés, les blessés et les persécutés du peuple syrien".

Les Libanais sont divisés entre anti et prosyriens dont le puissant mouvement chiite du Hezbollah qui domine le gouvernement. Les autorités syriennes sont de plus en plus irritées par le soutien apporté aux rebelles et réfugiés syriens.

L'agence officielle libanaise a affirmé que les 13 Libanais, qui revenaient en bus d'un pèlerinage en Iran, avaient été enlevés par l'ASL.

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