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23/05/2012 07:40 EDT | Actualisé 23/07/2012 05:12 EDT

Congrès Fifa: des réformes axées sur l'éthique pour éviter les scandales

Minée par les affaires de corruption de 2011 et un climat houleux, la Fédération internationale de football (Fifa) tentera de redorer son blason lors de son Congrès, jeudi et vendredi à Budapest, en proposant notamment des réformes statutaires axées sur l'éthique.

Le Congrès électif de 2011 avait suivi une campagne délétère. Le président de la Fifa, Joseph Blatter, avait été entendu dans une affaire de fraude électorale présumée, puis blanchi par la Commission d'éthique.

Le président qatari de la Confédération asiatique, Mohamed Bin Hammam, un opposant qui avait retiré sa candidature au dernier moment, avait quant à lui été radié à vie de la Fifa pour avoir acheté des votes lors d'une réunion de l'Union caribéenne de football (CFU). Des responsables de la CFU ont eux aussi été exclus. Et Blatter, président depuis 1998, réélu.

Fin avril, un rapport de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (ACPE) a néanmoins tancé la Fifa, l'accusant de "malversations". Elle visait l'affaire ISL, du nom de la société de marketing détentrice de l'exclusivité des droits télévisés pour plusieurs Coupes du monde avant sa liquidation en 2001. ISL aurait versé des pots-de-vin à des membres de la Fifa, selon une enquête de la BBC corroborée par des chiffres fournis par la justice suisse.

Ce à quoi la Fifa avait répondu qu'elle était "favorable à l'ouverture des dossiers", rappelant que l'affaire avait commencé par une "plainte" de la Fifa contre des responsables d'ISL en 2001.

L'ACPE a également réclamé une enquête interne pour déterminer si Blatter et Bin Hammam avaient "profité de leur position" pour "s'octroyer des avantages indus, ou en octroyer à des électeurs potentiels", au moment de leur affrontement électoral.

"Lorsque je me suis adressé au Congrès l'an dernier, la Fifa faisait face à de nombreuses critiques, avec notamment des appels pour plus de transparence au sein de l'instance dirigeante du football mondial", écrit Blatter dans l'agenda transmis aux fédérations, parlant de "nouveau départ".

"J'avais la conviction qu'il était capital pour notre organisation de changer et de renforcer ses principes de bonne gouvernance et de transparence, ainsi que de tolérance zéro envers tout type de méfait", ajoute-t-il.

La Fifa a donc mis en place plusieurs groupes de travail, dont une Commission indépendante de gouvernance (CIG), pour réfléchir à des réformes statutaires. D'où deux principales mesures, soumises au Congrès 2012.

L'une porte sur le renforcement de la Commission d'éthique, avec l'adjonction d'une chambre d'instruction et d'une chambre de jugement, présidées par deux personnes indépendantes.

L'autre concerne l'extension des pouvoirs de la Commission d'audit et de conformité. Et les membres de cette instance seraient élus et révocables par le seul Congrès, et non plus par le Comité exécutif.

Les membres de la Fifa se pencheront en outre sur une "ébauche du Code de bonne conduite" (intégrité et comportement éthique, lutte contre la drogue et le dopage, tolérance zéro en matière de corruption etc.).

Le Congrès votera également sur le poste accordé à une femme, une nouveauté pour laquelle le Comité exécutif a proposé Lydia Nsekera, présidente de la Fédération burundaise.

D'autres propositions d'amendements aux statuts seront présentées pour discussion mais non soumises au vote. Parmi celles-ci, l'idée de soumettre à un "contrôle d'intégrité" les candidats aux plus hautes fonctions au sein de la Fifa, avec une limite d'âge maximal (72 ans) au moment de l'élection.

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