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22/05/2012 04:26 EDT | Actualisé 22/07/2012 05:12 EDT

Le resserrement des règles hypothécaires d'Ottawa ne suffit pas, dit l'OCDE

OTTAWA - Le resserrement de la réglementation du gouvernement fédéral pour encadrer les prêts hypothécaires ne suffit pas à calmer certains des marchés de l'habitation les plus en ébullition au pays, a noté mardi l'Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE).

Selon l'économiste principal Peter Jarrett, de l'OCDE, certaines régions vont profiter des changements, mais d'autres marchés victimes de surchauffe, comme celui de Toronto, ne seront pas touchés.

«Le risque est de voir certaines personnes mettre trop d'oeufs dans le même panier», a-t-il estimé, avertissant que la faiblesse des taux d'intérêt encourageait les gens à emprunter à des niveaux qu'ils ne pourraient pas soutenir si les taux étaient plus élevés.

Le taux affiché pour une hypothèque à taux variable dans les grandes banques canadiennes est au taux préférentiel plus 0,2 point de pourcentage, soit environ 3,2 pour cent.

«Si les taux grimpaient comme nous le suggérons, les taux hypothécaires seraient plus de l'ordre des cinq pour cent», a poursuivi M. Jarrett.

L'OCDE recommande que la Banque du Canada commence à hausser ses taux d'intérêt cet automne en prenant pour cible 2,25 pour cent d'ici la fin de l'année prochaine. Le taux directeur de la banque centrale se situe à un pour cent depuis septembre 2010.

L'organisme établi à Paris avait recommandé l'an dernier à la Banque du Canada de commencer à hausser ses taux d'intérêt, mais ses appels ont été ignorés, la crise des dettes en Europe forçant la banque centrale à laisser ses taux inchangés.

Selon M. Jarrett, à moins que la crise européenne n'explose une nouvelle fois cet été, une hausse des taux serait justifiée.

Le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, et le ministre des Finances Jim Flaherty ont tous deux averti les Canadiens à plusieurs reprises que les taux d'intérêt grimperaient, après avoir passé plusieurs années près de creux historiques.

M. Carney a notamment affirmé que le niveau d'endettement des ménages, qui se situe à des sommets historiques, est le principal risque national pour l'économie du pays.

Pour sa part, le ministre Flaherty a resserré à trois reprises les règles régissant les prêts hypothécaires ces dernières années. Ces nouvelles mesures comprenaient notamment une réduction de la période maximale d'amortissement des prêts et une hausse de la mise de fonds minimale requise pour l'achat d'une maison.

La Société canadienne d'hypothèques et de logement et le Bureau du surintendant des institutions financières ont aussi modifié leurs systèmes et pourraient s'apprêter à mettre sur pied de nouvelles mesures.