NOUVELLES
21/05/2012 03:57 EDT | Actualisé 20/07/2012 05:12 EDT

Nucléaire: le chef de l'AIEA à Téhéran pour demander plus de coopération

Le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Yukiya Amano a entamé lundi à Téhéran des discussions "franches" avec les autorités iraniennes pour obtenir plus de coopération sur le dossier nucléaire, à la veille de négociations cruciales entre l'Iran et les grandes puissances.

M. Amano, qui effectue sa première visite en Iran depuis sa nomination à la tête de l'agence onusienne fin 2009, a évoqué les relations difficiles entre l'AIEA et l'Iran avec le chef du programme nucléaire iranien Fereydoun Abbassi Davani.

"Les questions existantes ont été évoquées de manière franche et des propositions ont été faites pour lever les ambiguïtés et développer la coopération", selon un bref compte rendu de cet entretien publié sur le site officiel de l'Organisation de l'énergie atomique iranienne (OEAI) qui ne donne pas d'autre détail.

Le directeur général de l'AIEA devait rencontrer dans l'après-midi le ministre des Affaires étrangères Ali Akbar Salehi ainsi que le négociateur iranien pour le dossier nucléaire Saïd Jalili.

M. Amano comme M. Salehi ont espéré dimanche que cette visite de quelques heures déboucherait sur de nouvelles règles de coopération permettant de mieux répondre aux inquiétudes de la communauté internationale sur le programme nucléaire iranien.

Alors que Téhéran affirme que ses activités sont purement pacifiques, l'AIEA qui surveille la plupart des installations nucléaires de l'Iran dans le cadre du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) s'inquiète depuis des années d'une possible dimension militaire du programme nucléaire iranien.

L'agence a régulièrement critiqué le manque de coopération de Téhéran pour éclaircir les zones d'ombres de ce programme, s'attirant en retour l'accusation d'être manipulée par les Occidentaux qui s'appuient largement sur les rapports de l'AIEA pour dénoncer les ambitions nucléaires de l'Iran.

M. Amano a indiqué avant son départ pour Téhéran aborder cette visite "dans un état d'esprit positif" et "avec l'espoir de parvenir à un accord".

Il a souligné que "des progrès satisfaisants" avaient été enregistrés lors de deux jours de discussions avec l'Iran la semaine dernière à Vienne après des mois de blocage, et estimé que c'était "le bon moment d'avoir un dialogue direct avec des officiels iraniens".

M. Salehi a espéré en écho que cette visite déboucherait sur un accord permettant de "répondre aux questions de l'AIEA et lever les ambiguïtés" sur le programme nucléaire iranien.

Les discussions devaient porter sur les conditions de travail de l'AIEA en Iran, mais également sur des points concrets comme l'accès au site militaire de Parchin où l'agence onusienne soupçonne Téhéran d'avoir mené des tests d'explosions conventionnelles susceptibles d'être utilisés pour développer une arme atomique.

L'Iran a refusé jusqu'à présent aux inspecteurs de l'AIEA tout accès à ce site qui ne figure pas parmi les installations nucléaires soumises au contrôle de l'agence.

Une réconciliation avec l'AIEA autour de nouvelles règles offrant davantage de transparence sur le programme nucléaire iranien constituerait un signal positif de l'Iran avant sa rencontre mercredi à Bagdad avec les grandes puissances.

Cette réunion cruciale doit permettre à Téhéran et au groupe des "5+1" (les membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU: Etats-Unis, Russie, Chine, France, et Grande-Bretagne, plus l'Allemagne) de rechercher un compromis pour sortie de la crise créée par le programme nucléaire iranien.

Ce programme a été condamné par six résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, dont quatre assorties de sanctions ensuite renforcées unilatéralement par les Occidentaux.

Israël et Washington, les deux ennemis jurés de Téhéran, ont également laissé planer la menace de frappes militaires contre les sites nucléaires iraniens en cas d'échec de la diplomatie.

Les grandes puissances ont appelé samedi l'Iran, par la voix du G8, à "saisir sa chance" à Bagdad en prenant des "mesures concrètes" propres à "rétablir la confiance internationale dans le fait que (son) programme nucléaire est entièrement pacifique".

lma/sgh/hj