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21/05/2012 07:32 EDT | Actualisé 21/07/2012 05:12 EDT

Fin de la campagne pour la présidentielle égyptienne de mercredi

La campagne pour la présidentielle égyptienne s'est officiellement achevée lundi, à deux jours du début du scrutin au cours duquel les électeurs sont appelés à choisir un successeur à Hosni Moubarak dans un climat d'ouverture démocratique autrefois inimaginable.

Conformément aux règles, la douzaine de candidats ne peut plus apparaître à la télévision, donner des entretiens à la presse ou mener une quelconque activité publique qui pourrait influencer les 50 millions électeurs potentiels avant le premier tour, prévu mercredi et jeudi.

Le ministère de l'Intérieur a annoncé un plan de sécurité massif pour assurer le bon déroulement de l'élection, notamment le transport des urnes vers les 351 centres de dépouillement du pays.

Un second tour est prévu les 16 et 17 juin au cas où aucun candidat n'obtiendrait la majorité absolue au premier.

L'ancien président américain Jimmy Carter, arrivé en Egypte à la tête d'une délégation du Centre Carter pour observer le déroulement des élections, a rencontré le chef du Parlement, Saad el-Katatni.

"L'Egypte est le théâtre d'une expérience démocratique sans précédent", a dit M. Katatni, membre de la puissante confrérie des Frères musulmans, cité par l'agence Mena. "Les Egyptiens accepteront le résultat des élections quel qu'il soit, tant qu'elles sont transparentes et représentent la volonté du peuple".

Selon les premiers résultats du vote des expatriés qui ont voté il y a quelques jours, le candidat des Frères musulmans, Mohammed Morsi, est arrivé en tête grâce au soutien massif de la communauté égyptienne en Arabie saoudite.

Il a recueilli 106.252 voix, devançant largement l'islamiste modéré Abdel Moneim Aboul Foutouh (77.499 suffrages). Le nationaliste arabe Hamdeen Sabbahi est arrivé en troisième position (44.727) devant l'ex-chef de la diplomatie Amr Moussa et l'ex-Premier ministre Ahmad Chafiq, issus de l'ancien régime.

Les candidats ont parcouru le pays en tous sens ces dernières semaines, multipliant les meetings, les débats publics et les conférences de presse pour chercher à convaincre les électeurs.

M. Morsi a lancé un avertissement contre toute tentative de "falsifier la volonté du peuple" comme du temps du régime de Hosni Moubarak, chassé du pouvoir en février 2011 par une révolte populaire.

L'armée, au pouvoir depuis son départ, avait promis un scrutin "100% honnête" et assuré ne soutenir aucun candidat en particulier.

Les Frères musulmans, première force politique du pays et grands vainqueurs des premières législatives post-Moubarak, espèrent pouvoir accéder désormais au pouvoir exécutif.

Leur campagne a toutefois été marquée par de nombreux faux pas et revirements qui ont brouillé leur image dans une partie de l'opinion.

M. Aboul Foutouh, exclu des Frères musulmans en 2011, leur fait une rude concurrence en ayant le soutien d'une partie de la confrérie, des fondamentalistes salafistes mais aussi de jeunes laïques.

MM. Moussa et Chafiq font campagne sur le thème du retour à la stabilité et à la croissance économique. Des promesses qui trouvent écho auprès de nombreux Egyptiens après une période de transition marquée par la crise et une insécurité accrue.

D'autres candidats ont mené une campagne active mais avec beaucoup moins de moyens et espèrent créer la surprise, en particulier le nationaliste arabe Hamdeen Sabbahi, ou encore l'islamiste Selim al-Awa et le militant des droits sociaux Khaled Ali.

La mouvance des "jeunes de la révolution", à la pointe du combat pour la démocratie, n'a pas de candidat propre et est divisée sur le choix de celui qui pourra porter ses valeurs à la magistrature suprême.

L'armée a promis de remettre le pouvoir aux civils avant fin juin, une fois le nouveau président élu. Mais de nombreux analystes s'attendent à ce qu'elle continue de maintenir ses privilèges et de jouer un rôle, même de manière plus discrète.

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