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20/05/2012 05:36 EDT | Actualisé 20/07/2012 05:12 EDT

Le numéro 2 du Hamas veut un "changement radical" après l'élection en Egypte

Le temps joue pour le Hamas, qui doit tirer parti des bouleversements régionaux, en particulier en Egypte, estime le numéro deux du mouvement islamiste palestinien, Moussa Abou Marzouk, dans une interview à l'AFP au Caire, où il réside depuis son départ de Damas.

Le mouvement, au pouvoir à Gaza, évolue lui aussi, assure-t-il, soulignant que "les cadres de la direction du Hamas ont été renouvelés à 30% aux dernières élections, qui touchent à leur fin, mais le nouveau bureau politique n'a pas encore été désigné".

Moussa Abou Marzouk, considéré comme un successeur potentiel du chef sortant du Hamas, Khaled Mechaal, relève un intérêt croissant dans le monde pour ces élections internes "parce qu'elles ont des répercussions sur la situation palestinienne et du Moyen-Orient".

Il place ses plus grands espoirs dans l'élection présidentielle égyptienne, à partir du 23 mai, dont il attend "un changement radical dans l'approche de la cause palestinienne car l'Egypte est le facteur qui l'affecte négativement ou positivement".

Refusant d'exprimer sa préférence pour tel ou tel candidat, islamiste ou non, le dirigeant du Hamas affirme que "la cause palestinienne figure, après la mise en ordre de la situation intérieure, dans les priorités de tous les concurrents".

"Nous espérons toujours que le futur régime égyptien adoptera la position populaire palestinienne davantage que la position officielle de l'Autorité palestinienne" du président Mahmoud Abbas, ajoute Moussa Abou Marzouk.

Il croit néanmoins encore à la formation d'un gouvernement palestinien provisoire non partisan, comme le prévoit l'accord de réconciliation avec le Fatah de Mahmoud Abbas.

"Le retard de la réconciliation a provoqué une grande frustration dans la population palestinienne", déplore le numéro deux du Hamas.

"Il est vrai qu'il y aura des gens satisfaits et d'autres mécontents de la fin du gouvernement" du Hamas à Gaza en cas d'application de l'accord, reconnaît-il, "mais en fin de compte, c'est l'intérêt du peuple, de notre mouvement et du Fatah d'être unis et de ne pas avoir de division donnant prétexte aux Arabes et aux autres pour serrer les cordons de la bourse".

Il concède que la gestion de Gaza par le Hamas depuis juin 2007 "n'est pas irréprochable et beaucoup d'erreurs ont été commises et d'engagements non tenus" mais rappelle qu'il a subi "un siège sévère et une série de crises" et survécu "aux plans pour le renverser, de la part des frères du Fatah ou de l'ennemi sioniste, ainsi qu'au boycottage diplomatique international".

"Le Hamas a des relations officielles avec des pays européens non membres de l'Union européenne et des contacts semi-officiels avec la plupart des Etats membres de l'Union européenne", confirme-t-il à ce sujet.

S'agissant de la Syrie, qu'il a quittée avec la quasi totalité du bureau politique du Hamas à la suite de la répression sanglante de la contestation, il reconnaît que "la Syrie a été un des pays qui ont le plus soutenu le Hamas".

"Mais les peuples ont aussi le droit de revendiquer tout ce dont ils estiment avoir été privés", poursuit Moussa Abou Marzouk, qui plaide pour une "solution politique".

Le dirigeant du Hamas doute de l'éventualité d'une frappe israélienne ou américaine sur les installations nucléaires de l'Iran, accusant Israël d'utiliser le programme nucléaire controversé de Téhéran comme "diversion" par rapport à la question palestinienne vis-à-vis de l'administration américaine.

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