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20/05/2012 10:36 EDT | Actualisé 20/07/2012 05:12 EDT

Explosion à proximité du chef des observateurs près de Damas (AFP)

Une explosion s'est produite dimanche, sans faire de blessé, à une dizaine de mètres du chef de observateurs de l'ONU qui visitait la ville de Douma près de Damas, a constaté une journaliste de l'AFP.

Des soldats syriens sur place ont attribué la déflagration à une roquette RPG mais les observateurs de l'ONU n'ont pas souhaité commenter la nature de l'explosion.

"Je ne sais pas s'il s'agit d'une bombe ou d'une roquette RPG", a commenté à la presse le secrétaire général adjoint des Nations unies pour les opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, en visite en Syrie pour s'enquérir de la mission des observateurs et qui faisait partie du groupe à Douma.

"Il s'agit clairement d'une de ces situations où il est impératif pour toutes les parties de faire preuve de retenue et de ne plus s'engager dans des combats", a-t-il dit.

L'explosion s'est produite sous ses yeux et ceux du chef des observateurs, le général Robert Mood, qui, accompagné d'observateurs et de journalistes, venait à peine d'entrer dans la ville située à 13 km au nord-est de Damas.

Les quelque 260 observateurs militaires non armés de l'ONU sont chargés de surveiller la trêve instaurée le 12 avril en Syrie mais quotidiennement violée depuis.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) avait rapporté dans la journée que des combats avaient éclaté entre armée et rebelles près de Douma et que des roquettes lancées par des troupes gouvernementales se sont abattues dans et près de la ville.

M. Ladsous a décrit Douma comme une ville "paralysée". "Il n'y a presque personne et pourtant il y a des combats qui s'y déroulent", a-t-il indiqué.

"Les gens ne peuvent pas sortir de chez eux, ils ne peuvent pas avoir une vie normale, c'est difficile à accepter".

"Ceci n'est pas un cessez-le-feu, mais il y a eu une baisse des violences", a poursuivi le responsable onusien.

La correspondante de l'AFP a constaté que les rues de Douma étaient complètement désertes et les magasins fermés, à part quelques épiciers. Des bennes à ordures ont été retournées et des affiches déchirées.

Des slogans pro et anti-régime -"Douma ne s'agenouillera que devant Dieu" ou encore "les soldats d'Assad sont passés par là"- ornent les murs de Douma qui ressemble plus à une ville fantôme.

Sur une inscription "Assad pour toujours", le nom du président syrien a été barré.

"Quand les observateurs vont partir, les hommes armés vont revenir pour causer des problèmes", a indiqué un soldat à la presse, en référence aux déserteurs qui combattent le régime et que Damas qualifie de "terroristes".

Un homme faisant ses courses chez un épicier a prié les journalistes de ne pas le filmer. "S'il vous plaît, ne me filmez pas, quand vous allez partir, 'ils' vont venir me tuer", a-t-il dit, sans plus de précisions.

Après le départ des observateurs, un civil a été tué dans la ville par un tireur embusqué, selon l'OSDH.

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