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20/05/2012 06:03 EDT | Actualisé 20/07/2012 05:12 EDT

En Egypte, le nationaliste arabe Sabbahi veut créer la surprise

"Le président est là! Le président est là!". A Dakarnas, un village du delta du Nil, le nationaliste arabe Hamdeen Sabbahi est accueilli par de jeunes partisans enthousiastes, convaincus qu'il peut créer la surprise lors de la présidentielle égyptienne.

Chevelure argentée et sourire enjôleur, le candidat salue la foule, en sortant parfois de sa voiture à travers le toit ouvrant pour faire un signe aux habitants sur leurs balcons.

A 57 ans, Hamdeen Sabbahi était jusqu'ici considéré comme n'ayant aucune chance à la première élection présidentielle depuis la chute de Hosni Moubarak en février 2011 prévue mercredi.

Mais les bons résultats qu'il a obtenus chez les expatriés égyptiens, qui ont voté avant le reste du pays, et de récents sondages ont raffermi sa stature.

Partisan des politiques de gauche et panarabes de l'ancien président Gamal Abdel Nasser, il fait campagne sur un programme populiste, en mettant en avant ses origines modestes.

"C'est un fils de paysans, il comprend nos problèmes", déclare Ibrahim Zanoun, 38 ans, qui attend à l'extérieur de la mosquée de Dakarnas, à quelque 170 km au nord du Caire, où le candidat s'est arrêté pour prier.

"Nous avons le sentiment qu'il nous donnera du travail, des droits et une vie digne", ajoute-t-il.

M. Sabbahi sort de la mosquée sur les épaules de partisans qui le conduisent vers une tribune pour un bref discours.

"Grand Dakarnas, je suis l'un de vous et je vous rendrai vos droits", martèle-t-il devant plusieurs centaines de personnes, dont de nombreux étudiants de l'université proche de Mansoura.

Une fois le discours terminé, le convoi reprend sa route, sillonnant les villages environnants où la foule semble être davantage attirée par la curiosité que mue par un réel désir de soutenir le candidat.

Des dizaines d'enfants et d'adolescents courent derrière la voiture noire de M. Sabbahi tandis qu'elle traverse lentement des quartiers défavorisés.

Une femme portant un enfant pousse des youyous à son passage, mais reconnaît qu'elle ne sait pas encore pour qui voter.

Quand le candidat arrive ensuite à Manzala, dans le nord du gouvernorat de Daqahliya, la foule n'est plus seulement constituée de badauds.

"J'ai vraiment le sentiment qu'il est l'un des nôtres", affirme Sally al-Ezabi, étudiante en droit de 24 ans. "J'aime tout chez lui, sa personnalité et son programme. Il parle d'éducation, d'économie, de liberté pour les femmes, d'arts, de liberté de pensée".

Comme de nombreux soutiens de M. Sabbahi rencontrés samedi, elle pensait initialement voter pour Mohamed ElBaradei, l'ex-patron de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) qui a finalement renoncé à se présenter à la présidentielle.

D'autres affirment soutenir M. Sabbahi depuis le début, le qualifiant de réformateur qui a combattu la corruption et a eu le courage de participer à des manifestations contre Hosni Moubarak avant même la révolution de 2011.

Ses partisans assurent qu'il bénéficie d'un large soutien dans les régions rurales pauvres du Nord, où ses discours de gauche, qui mettent l'accent sur la fierté et la dignité, ont un fort écho.

Mais même dans la région, la campagne reste ouverte. Alors que le convoi de Hamdeen Sabbahi quitte Dakarnas, un habitant tend ses paumes, sur lesquelles il a écrit le nom de Mohammed Morsi, le candidat des Frères musulmans.

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