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20/05/2012 05:53 EDT | Actualisé 20/07/2012 05:12 EDT

Combats à Damas, nouvel appel international à l'arrêt des violences

De violents combats entre soldats et insurgés ont secoué dimanche plusieurs secteurs de Damas malgré un nouvel appel de la communauté internationale à cesser "immédiatement" les violences qui ensanglantent le pays depuis plus de 14 mois.

Signe que l'émissaire international Kofi Annan n'arrive toujours pas à faire respecter son plan de paix, le cessez-le-feu théoriquement entré en vigueur le 12 avril a été une fois de plus ignoré.

Une explosion, attribuée par des soldats syriens à la chute d'une roquette, s'est d'ailleurs produite à une dizaine de mètres du chef des observateurs de l'ONU, le général Robert Mood, à Douma, une banlieue de Damas.

L'incident n'a toutefois fait aucun blessé, selon une journaliste de l'AFP sur place. Les observateurs de l'ONU n'ont pas souhaité commenter la nature de la déflagration.

Quelque 260 observateurs se trouvent actuellement en Syrie pour surveiller la trêve continuellement violée, avec à nouveau 21 morts dimanche dans le pays.

A Douma, les rues étaient complètement désertes dimanche et la plupart des magasins fermés. Des bennes à ordures ont été retournées et des affiches déchirées.

"Quand les observateurs vont partir, les hommes armés vont revenir pour causer des problèmes", a indiqué un soldat à la presse, en référence aux déserteurs qui combattent le régime et que Damas qualifie de "terroristes".

Après le départ des observateurs, un civil a été tué dans la ville par un tireur embusqué, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

A Damas, des combats ont éclaté à l'aube dans le quartier de Kafar Soussé, où l'armée a dépêché d'importants renforts, a indiqué l'OSDH. D'autres accrochages ont éclaté à la périphérie sud de la capitale, et plus près du centre-ville, des tirs ont été entendus sur la place ultra-protégée des Abbassides.

Ces combats sont survenus au lendemain d'un attentat suicide à la voiture piégée qui a frappé pour la première fois Deir Ezzor (est) faisant neuf morts et une centaines de blessés.

Plusieurs attentats ont secoué la Syrie depuis le début de la révolte contre le régime du président Bachar al-Assad en mars 2011, la plupart revendiqués par des groupuscules obscurs. Pouvoir et opposition se sont rejeté la responsabilité de ces attaques qui ont fait des dizaines de morts.

Ajoutant à la confusion, des hauts responsables ont démenti à la télévision d'Etat des informations faisant état de leur assassinat, après la diffusion par les chaînes satellitaires arabes Al-Jazeera et Al-Arabiya d'une vidéo d'un homme revendiquant le meurtre de six responsables proches de M. Assad.

"Ce que diffuse la dégoûtante chaîne Al-Jazeera est totalement sans fondement", a réagi l'un d'eux, le ministre de l'Intérieur Mohammad al-Chaar. Un autre, Hassan Turkméni, adjoint au vice-président, apparu à l'écran, a qualifié la nouvelle de "comble de la désinformation".

Les huit pays les plus industrialisés du G8 ont appelé samedi, dans leur communiqué final à Camp David, le gouvernement syrien "et toutes les parties" à faire cesser immédiatement la violence et à appliquer le plan Annan.

"Nous sommes consternés par les pertes en vies humaines, la crise humanitaire et les violations graves et étendues des droits de l'Homme en Syrie", ont indiqué les chefs d'Etat et de gouvernement, se disant "déterminés à envisager d'autres mesures à l'ONU en fonction des besoins".

La Russie, membre du G8, continue de s'opposer à toute ingérence dans les affaires de son proche allié syrien et malgré un plan de paix de l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan, prévoyant notamment l'arrêt des violences et un cessez-le-feu, le pays continue à s'enfoncer dans la crise.

Le porte-parole du ministère syrien des Affaires étrangères, Jihad Makdissi, a indiqué dans un tweet que M. Annan allait se rendre en Syrie à la fin de ce mois et que Damas "saluait" cette visite.

A New York, le nouveau ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a évoqué avec le patron de l'ONU Ban Ki-moon "la situation extrêmement grave en Syrie et ses conséquences préoccupantes" sur les pays voisins.

Au Liban voisin justement, des combats entre sunnites anti-Assad et alaouites pro-Assad ont fait dix morts durant la semaine écoulée, poussant les Emirats arabes unis, Bahreïn et le Qatar à appeler leurs ressortissants à éviter de se rendre dans ce pays.

Après une accalmie, un dignitaire religieux sunnite, connu pour ses critiques à l'encontre de la Syrie, a été tué dimanche par l'armée lorsque son convoi ne s'est pas arrêté à un barrage militaire dans le Nord, a affirmé à l'AFP un responsable des services de sécurité.

Une autre personne qui se trouvait dans la voiture a été tuée. Cet incident a provoqué une tension dans la zone, après les combats à Tripoli.

Dimanche, les violences ont fait au moins 21 morts en Syrie, dont 16 dans des bombardements des troupes syriennes de la localité de Sourane, dans la région de Hama (centre), selon l'OSDH.

Parmi les 16 personnes tuées à Sourane figurent trois enfants, a précisé l'OSDH.

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