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19/05/2012 04:44 EDT | Actualisé 19/07/2012 05:12 EDT

L'armée égyptienne est accusée de torturer des manifestants par HRW

LE CAIRE, Égypte - Un groupe international de défense des droits de l'homme a accusé samedi les forces armées égyptiennes d'avoir battu et torturé des manifestants arrêtés lors de rassemblements anti-armée survenus plus tôt ce mois-ci. Le groupe estime qu'en permettant de telles actions, l'armée «ouvre la porte à des abus supplémentaires».

Les trois jours de confrontations au Caire ayant débuté le 2 mai et qui ont causé la mort de neuf civils sont le plus récent épisode d'une série d'affrontements meurtriers entre l'armée et les protestataires en Égypte depuis qu'un conseil formé de généraux a pris le pouvoir, il y a 15 mois. Lors de la répression violente des manifestations de mai à l'extérieur du ministère de la Défense, l'armée a arrêté plus de 300 personnes et les a envoyées devant des tribunaux militaires.

Human Rights Watch (HRW) a condamné la réponse de l'armée aux manifestations, et a indiqué samedi par voie de communiqué que des personnes coincées dans la vague d'arrestations et relâchées depuis avaient donné des «comptes rendus de torture et d'abus lors de leur arrestation et de leur détention».

L'organisme a également critiqué les soldats qui n'ont pas réagi alors que des partisans présumés des dirigeants militaires égyptiens ont ouvert le feu, le 2 mai, sur des manifestants participant à un sit-in à l'extérieur du ministère, tuant neuf personnes. Quelques jours plus tard, l'armée a détenu quelque 350 protestataires dans le cadre de sa riposte aux manifestations et leur a intenté des procès dans des cours militaires. Au moins 256 personnes arrêtées demeurent détenues.

Selon Shahira Abouellail, un militant faisant campagne contre les procès militaires de civils, les violences récentes ont montré que l'armée «n'est pas concernée par son image publique». Le peuple est distrait avec les élections et l'armée croit pouvoir commettre des meurtres impunément, a-t-il ajouté.

Les manifestations ébranlent l'Égypte quelques semaines seulement avec des élections présidentielles importantes, les premières depuis le renversement du président autoritaire Hosni Moubarak l'an dernier. Le scrutin marque également la première fois où les Égyptiens se choisiront un leader au terme d'une campagne supervisée par des observateurs internationaux.

Le régime de Moubarak truquait fréquemment les élections et a intimidé les électeurs pendant les 30 ans de son existence.

Samedi, le chef adjoint de la commission électorale égyptienne, Hatem Bagato, a montré aux journalistes une série de nouvelles mesures de sécurité qui seront utilisées afin de s'assurer que le vote sera transparent et juste, incluant des bulletins de vote avec des protections impossibles à photocopier.

Au dire de la commission, il y a environ 50 millions d'électeurs aptes à voter en Égypte, et des responsables seront dépêchés dans des milliers de bureaux de vote pour surveiller le processus.

Les consulats égyptiens ont fait savoir que jusqu'à 300 000 Égyptiens de la diaspora avaient déjà voté.