NOUVELLES
19/05/2012 06:18 EDT | Actualisé 19/07/2012 05:12 EDT

La jeunesse mexicaine manifeste contre l'ancien parti présidentiel

MEXICO - Des milliers de manifestants d'âge universitaire ont marché le long du principal boulevard de Mexico, samedi, pour protester contre le possible retour de l'ancien Parti institutionnel révolutionnaire (PIR), qui a occupé la présidence mexicaine sans interruption de 1929 à 2000.

Le candidat du PIR à la présidentielle, Envire Pena Nieto, mène dans les sondages en vue de l'élection du 1er juillet, mais a été conspué par de jeunes manifestants lors d'un récent discours dans une université. Les étudiants l'ont blâmé pour la répression violente de protestataires à l'extérieur de la capitale en 2006. Certains membres du PIR ont plus tard suggéré que les manifestants mécontents n'étaient pas vraiment des étudiants, alimentant davantage les passions.

Dans un geste inhabituel au Mexique, les protestataires ne transportaient pas de pancartes pour l'un ou l'autre des trois autres candidats dans la course à la présidence, criant plutôt des slogans contre ce qu'ils ne veulent pas, soit un retour du PIR, dont le règne de 71 ans a été marqué par la répression, la corruption et des crises économiques périodiques.

M. Pena Nieto dit pourtant diriger un nouveau PIR réformé, au sein duquel une nouvelle génération a appris des erreurs du passé et payé pour celles-ci.

Alors que la marche débutait avec une banderole dressant la liste des massacres et des crimes supposément commis ou commandés par les gouvernements du PIR depuis les années 1960, plusieurs manifestants, comme l'étudiante Fernanda Vargas, âgée de 26 ans, sont trop jeunes pour avoir passé beaucoup de temps sous une administration du PIR; elle n'avait que 14 ans lorsque le dernier président issu du PIR, Ernesto Zedillo, a quitté ses fonctions en 2000.

Si M. Pena Nieto, âgé de 45 ans, est le plus jeune des candidats, il a toutefois eu de la difficulté à trouver des appuis chez les étudiants universitaires, en partie à cause de certaines gaffes.

Après l'incident avec les étudiants plutôt ce mois-ci dans une université privée haut de gamme, certains de ses partisans ont déclaré que les protestataires n'étaient pas vraiment des étudiants, ou avaient été manipulés par des candidats rivaux. Cela a poussé environ 130 de ces étudiants à créer une vidéo qui a été publiée sur des réseaux sociaux, dans laquelle ils sont vus alors qu'ils présentent leurs cartes d'identification et nient avoir été manipulés.

L'implication d'étudiants d'universités privées au coeur des protestations de samedi est inhabituelle au sein de la sphère politique mexicaine largement séparées selon les classes sociales; les groupes d'étudiants appartenant à la classe ouvrière et provenant des universités publiques ont joué un plus grand rôle par le passé.

Les jeunes n'ont eu qu'une implication sporadique dans la politique électorale mexicaine par le passé. Par exemple, lors de la campagne ratée de 2006 du candidat de gauche Andres Manuel Lopez Obrador, les électeurs plus âgés, qui sont nombreux à avoir profité de son système des retraites, formaient le coeur de son appui.