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19/05/2012 05:43 EDT | Actualisé 19/07/2012 05:12 EDT

C1/finale - Drogba, la consécration

Une égalisation à la 89e minute, un penalty provoqué en début de prolongation, et le tir au but victorieux: Didier Drogba a vaincu la malédiction pour conquérir à 34 ans son Graal, cette Ligue des champions qui se refusait à lui, samedi en finale contre le Bayern Munich.

"Quoi qu'il arrive demain (samedi), on se souviendra de lui comme d'une légende du club", avait dit son entraîneur Roberto Di Matteo. Avec ce 34e but en C1, il devient sans doute LA légende des Blues. Davantage que son capitaine Terry, suspendu après son mauvais geste en demi-finale retour.

Mais que de sensations pour arriver à cette extase pour l'Ivoirien. Quatre-vingt-quatorzième minute. Drogba fauche Ribéry dans la surface, écope d'un carton jaune et son équipe d'un penalty. Tiré par Robben mais arrêté par Cech !

Dans les dernières secondes du temps additionnel, c'est le Français qui pensait avoir commis la faute fatale, en en commettant une sur Mata près de la surface. Mais l'Ivoirien tirait le coup franc dans les tribunes.

Drogba et les finales, c'est décidément tout une histoire. Les finales continentales ne lui réussissaient guère. En 2008, il s'était illustré en prolongation en prenant un carton rouge à la suite d'un coup de coude. Et Chelsea perdait aux tirs au but face à Manchester United.

Avec la Côte d'Ivoire, il a manqué deux fois un penalty en finale de la Coupe d'Afrique des nations, en 2006 contre l'Egypte (lors des tirs au but), et encore en février dernier contre la Zambie (dans le jeu). Deux défaites amères.

Mais sur le plan national, Drogba est l'homme décisif par excellence. Le 5 mai dernier à Wembley, il marquait face à Liverpool en finale de la Coupe d'Angleterre son huitième but en autant de matches dans le temple du foot anglais !

Lui qui a tout gagné en Angleterre comptait enfin ramener à Londres cette Ligue des champions qui résiste aux Blues depuis toujours, et singulièrement depuis 2003 et le rachat du club par le magnat russe Roman Abramovich.

Avec l'arrivée de Roberto Di Matteo aux commandes de l'équipe en mars, après le limogeage d'Andre Villas-Boas, Drogba a repris toute son envergure. L'entraîneur italien a su réinsuffler de la confiance à ses cadres. "Frank (Lampard), Ashley (Cole) et moi, les +Oldies+ (les "vieux", ndlr), on est toujours là, à faire de notre mieux pour le club", a remarqué l'Ivoirien vendredi, l'air de rien.

Et lui est là, et bien là. C'est déjà lui qui avait marqué le but de la victoire contre le FC Barcelone en demi-finale aller (1-0). Au retour, il s'est démultiplié sur le terrain, n'hésitant pas à défendre, à l'image d'un Eto'o avec l'Inter Milan en 2010, déjà au Camp Nou et au même stade de la compétition.

Il y avait de la rouerie dans son jeu, comme souvent dans sa carrière, d'où une réputation de dur au mal qui peut facilement tomber. L'entraîneur du Bayern Jupp Heynckes a d'ailleurs gentiment parlé d'"acteur" à son endroit, et l'intéressé a mollement répliqué que non, il n'en était pas un. Le sourire en coin. Samedi, il a joué son meilleur rôle.

Drogba, c'est surtout du métier, incarné par cette poussette presque systématique sur son cerbère avant le duel, quasiment jamais sanctionnée par l'arbitre. Comme il le fit sur Boateng pour s'ouvrir l'espace (30e).

Ce samedi, il a encore beaucoup défendu, avec des têtes devant son but sur des corners, ou en gênant la relance allemande. Et a été décisif, en reprenant un corner de la tête au premier poteau (89e), un geste de pur buteur.

Lui qui était revenu en mai là où tout a commencé pour lui dans l'élite, à Guingamp pour y fêter le centenaire de l'En-Avant, ne sait pas encore où il sera à la rentrée. En Chine aux côtés d'Anelka, au Shanghai Shenhua ? Selon la presse anglaise, il souhaiterait une prolongation de deux ans à Chelsea, qui ne lui en propose qu'un.

Quoi qu'il en soit, une légende est par définition éternelle.

ybl/eb