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10/05/2012 04:44 EDT | Actualisé 09/07/2012 05:12 EDT

Un double attentat fait 55 morts et 370 blessés dans la capitale syrienne

DAMAS, Syrie - Deux voitures piégées conduites par des kamikazes ont explosé, jeudi, devant un bâtiment du renseignement militaire à Damas, tuant au moins 55 personnes et faisant plus de 370 blessés. Il s'agit des attentats les plus meurtriers en Syrie depuis le début du soulèvement, en mars 2011.

La première voiture piégée a explosé sur une autoroute de six voies pendant l'heure de pointe du matin, provoquant l'effondrement du mur de sécurité qui entourait le bâtiment du renseignement. Des gens sont alors accourus sur les lieux pour porter secours aux victimes et une autre explosion beaucoup plus puissante s'est produite, ébranlant tout le quartier. Des dizaines de véhicules ont pris feu et un grand nuage de fumée a recouvert une partie de la ville.

La télévision publique syrienne a diffusé des images montrant des dizaines de corps, certains déchiquetés et d'autres démembrés, dans les décombres et les véhicules endommagés.

Un journaliste de l'Associated Press présent sur les lieux a vu des secouristes récupérer des restes humains dans les deux grands cratères qui se sont formés dans l'asphalte sous la force des explosions.

Le ministère de l'Intérieur a affirmé que 55 personnes avaient été tuées et qu'au moins 370 autres avaient été blessées. Selon le ministère, plus de 1000 kilos d'explosifs ont été utilisés dans le double attentat, qui n'a pas été revendiqué.

«La maison a tremblé comme s'il y avait eu un séisme», a raconté Maha Hijazi, rencontrée devant sa maison située près du lieu de l'explosion.

Plusieurs des pays engagés dans la résolution de la crise en Syrie ont condamné les attentats et ont exhorté les parties de respecter le cessez-le-feu négocié par l'émissaire de la Ligue arabe et de l'ONU en Syrie, Kofi Annan.

«Afin d'éviter une nouvelle escalade de la violence, nous continuons d'appeler le régime syrien à appliquer immédiatement et entièrement le plan de Kofi Annan», a déclaré la porte-parole du département d'État américain, Victoria Nuland, à Washington.

«Il incombe aux autorités syriennes de mettre en application un cessez-le-feu complet et d'ouvrir le dialogue politique requis par le plan Annan», a estimé le secrétaire britannique aux Affaires étrangères, Willian Hague.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a quant à lui déclaré que «tous les actes de terrorisme sont criminels et injustifiables, peu importe leur motivation».

Le chef des observateurs de l'ONU déployés en Syrie, le général norvégien Robert Mood, s'est rendu sur les lieux de l'attentat et a affirmé que le peuple syrien ne méritait pas cette «terrible violence».

«Cela ne va résoudre aucun problème», a-t-il estimé. «Cela ne va que créer de la souffrance supplémentaire pour les femmes et les enfants.»

Kofi Annan a lui aussi appelé au calme. «Le peuple syrien a déjà trop souffert», a-t-il déclaré.

Il s'agit de l'explosion la plus puissante et la plus meurtrière à survenir en Syrie depuis le début d'une série d'attentats contre les bâtiments des services de sécurité, qui a commencé en décembre. La plupart des attaques ont eu lieu à Damas et Alep, les deux plus grandes villes de Syrie, qui sont généralement restées fidèles au président Bachar el-Assad depuis le début du soulèvement.

Le gouvernement syrien a attribué l'attaque à des «terroristes armés» qui, selon lui, sont derrière le soulèvement contre le régime.

Le ministère syrien des Affaires étrangères a envoyé des lettres au secrétaire général de l'ONU et au président du Conseil de sécurité pour demander que ce dernier «prenne des mesures contre les États, les parties et les médias qui pratiquent et encouragent le terrorisme», selon l'agence de presse syrienne.

À New York, l'ambassadeur de Syrie à l'ONU a affirmé qu'il y avait eu une explosion à Alep au moment où les attentats étaient perpétrés à Damas. Bachar Ja'afari a affirmé que cette explosion, survenue dans la matinée, avait fait «des victimes civiles et des dégâts importants».

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, une organisation établie à Londres, cinq agents du renseignement ont été tués dans un attentat à la bombe contre leur véhicule à Alep. On ne sait pas s'il s'agit du même attentat que celui rapporté par l'ambassadeur.

Un leader de l'Armée libre de Syrie, qui rassemble plusieurs groupes d'opposants armés à travers le pays, a condamné l'attentat à Damas et a nié que son groupe soit impliqué. Le capitaine Ammar al-Wawi a accusé le gouvernement syrien d'avoir lui-même organisé l'attaque pour que la communauté internationale prenne position contre le soulèvement.

Le régime «veut convaincre le monde que s'il est renversé, il ne restera que des terroristes», a affirmé le capitaine Al-Wawi.

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