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10/05/2012 01:48 EDT | Actualisé 10/07/2012 05:12 EDT

Procès Stafford: les jurés délibèrent désormais sur le sort de Rafferty

LONDON, Ont. - Le jury a entamé ses délibérations au procès de l'homme accusé du meurtre de la petite Victoria Stafford, après s'être vu indiquer de ne pas tenir compte d'une proposition de la défense.

Michael Rafferty, âgé de 31 ans, a plaidé non coupable à des accusations de meurtre prémédité, d'agression sexuelle causant des lésions et d'enlèvement.

Son ancienne amie de coeur, Terri-Lynne McClintic, a déjà plaidé coupable à une accusation de meurtre prémédité. Lors de son témoignage au procès de M. Rafferty, l'avocat de ce dernier lui a suggéré qu'elle était le cerveau derrière le crime. Il a laissé entendre qu'il n'y avait pas eu d'agression sexuelle et qu'elle avait prévu de tuer la fillette dès le début, ce que McClintic a nié.

En donnant jeudi matin ses instructions finales aux membres du jury, le juge Thomas Heeney, de la Cour supérieure, leur a indiqué que les propos des avocats ne constituent pas des preuves. Le juge a précisé que si aucune preuve ne vient étayer les déclarations des avocats, les jurés ne devraient pas en tenir compte.

Le jury qui devra décider du sort de Michael Rafferty est réuni depuis le 5 mars; la Couronne a terminé ses deux journées de plaidoiries mercredi.

Cent quatre-vingt-dix exposés ont été présentés aux jurés, et ceux-ci ont entendu les témoignages de dizaines d'experts, de policiers et d'autres témoins, mais l'ancienne copine de Rafferty, Terri-Lynne McClintic, permet de rassembler le tout.

Cette dernière purge déjà une peine de prison à perpétuité. Pendant six jours, en mars, elle a détaillé devant le tribunal l'horrible histoire d'un couple de dépendants à la drogue qui enlèvent une fillette au hasard pour le plaisir sexuel de l'homme, puis le meurtre de l'enfant d'une façon inconcevablement brutale.

La jeune femme a affirmé que Rafferty l'avait dirigée à chaque étape du crime, lui ordonnant de kidnapper une fillette pour lui, lui faisant acheter un marteau et des sacs de poubelle, avant de lui demander d'aider à nettoyer la scène du meurtre.

Il était certainement en contrôle, soutient la Couronne, alléguant que Rafferty avait trouvé chez McClintic la partenaire parfaite pour exécuter son dessein pervers. McClintic, qui n'est elle-même pas étrangère à la violence _ elle a eu plusieurs agressions à son actif avant même sa majorité _ aurait ainsi été utilisée en tant que pion violent par Rafferty, allègue la Couronne.

Le Couronne affirme que Rafferty et McClintic ont enlevé Victoria Stafford, alors âgée de 8 ans, à sa sortie de son école de Woodstock, en Ontario, qu'ils l'ont conduite jusqu'à un champ éloigné, où elle a été violée par M. Rafferty, puis tuée à coups de marteau.

Depuis sa confession, le 19 mai 2009, jusqu'à janvier de cette année, McClintic a maintenu que c'est Rafferty qui avait tué l'enfant. Elle a cependant modifié son témoignage quelques jours avant le début des audiences de Rafferty, expliquant qu'après avoir vu le viol, la rage accumulée dans sa propre enfance l'avait poussée à attraper l'arme du crime et à commettre elle-même le geste fatal.

Ce nouvel aveu n'a cependant pas semblé convaincre l'avocat de la Couronne.

Selon ce qu'a déclaré le juge aux jurés, ceux-ci ont le choix de reconnaître Rafferty coupable de meurtre prémédité, de meurtre non-prémédité ou d'homicide involontaire.

L'avocat de Rafferty, Dirk Derstine, demande plutôt aux jurés d'innocenter son client, soutenant que celui-ci avait été dupé par McClintic, et qu'il n'avait aidé cette dernière que pour cacher la dépouille de Victoria Stafford après son meurtre.

Comme Rafferty n'a pas offert de témoignage, la version des événements racontée par McClintic est la seule que les jurés ont entendue en preuve.

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