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10/05/2012 07:48 EDT | Actualisé 10/07/2012 05:12 EDT

Négociations de la dernière chance pour former un gouvernement en Grèce

ATHÈNES, Grèce - Le socialiste Evangelos Venizelos a entamé des négociations de la dernière chance, jeudi, pour tenter de former un gouvernement de coalition en Grèce. S'il échoue, de nouvelles élections législatives seront convoquées au mois de juin.

À l'issue d'une rencontre avec Fotis Kouvelis, chef la Gauche démocratique forte de 19 députés, M. Venizelos s'est montré prudemment optimiste. Il a affirmé que les deux partis étaient «très, très proches» quant à leurs positions.

M. Kouvelis souhaite la formation d'une large coalition pour que la Grèce «reste dans la zone euro et lance un désengagement progressif» du programme d'austérité, avec un mandat jusqu'au milieu de 2014. M. Venizelos a indiqué que cela coïncidait «presque» avec sa position.

Si la Gauche démocratique se joint aux socialistes du PASOK et aux conservateurs de Nouvelle Démocratie, leur coalition contrôlerait 168 des 300 sièges au Parlement. Mais la situation reste instable, car M. Kouvelis risquerait d'être considéré comme un traître par la gauche s'il aide les partis prônant l'austérité à gouverner.

Le PASOK a subi un cinglant revers aux élections de dimanche dernier, en arrivant en troisième position avec 13,2 pour cent des voix, derrière le parti conservateur Nouvelle Démocratie d'Antonis Samaras (18,85 pour cent) et la Coalition de la gauche radicale d'Alexis Tsipras (Syriza), qui a obtenu 16,8 pour cent.

Aucun parti n'ayant obtenu la majorité absolue dans le contexte de crise économique aiguë que traverse la Grèce, M. Samaras a été le premier chef de parti chargé de composer des alliances, mais il a jeté l'éponge dès lundi soir. M. Tsipras, opposé aux mesures d'austérité adoptées en échange de l'aide internationale, a pris le relais sans plus de succès. La tâche revient donc à M. Venizelos.

Le dirigeant socialiste dispose de trois jours pour accomplir une tâche qui prend des allures de mission impossible. Les chances d'arriver à un accord sont faibles, dans la mesure où M. Venizelos a déjà rencontré MM. Samaras et Tsipras plusieurs fois depuis le début de la semaine. La Gauche démocratique pourrait donc jouer un rôle d'arbitre.

«Les gens ont puni le PASOK parce qu'ils l'ont considéré comme le responsable de cette crise», a reconnu Evangelos Venizelos jeudi, voyant dans l'absence de majorité aux législatives la volonté des Grecs de refuser la domination d'un seul parti.

«Il est clair, d'après les résultats, que le peuple veut une coalition gouvernementale et qu'il ne donne pas de chèque en blanc à un seul parti», a-t-il dit à ses députés, en ajoutant que «le peuple grec veut rester dans l'euro».

Antonis Samaras a fustigé mercredi le refus d'Alexis Tsipras de respecter les engagements pris par la Grèce en échange de deux plans de sauvetage de l'Union européenne et du Fonds monétaire international depuis mai 2010. Le chef de Nouvelle Démocratie a estimé qu'une dénonciation unilatérale des accords entraînerait «un effondrement interne immédiat et une faillite internationale». Il a affirmé que la Grèce devait impérativement rester dans la zone euro.

Le gouvernement d'union nationale dirigé par les conservateurs et les socialistes, qui assurait l'intérim depuis la fin de 2011, s'était engagé à adopter pour 14,5 milliards d'euros de nouvelles mesures d'austérité en juin et à mettre en oeuvre d'autres réformes. Ces réformes seront examinées par les bailleurs de fonds pour décider s'ils débloquent la prochaine tranche d'aide. Autrement, la Grèce risque la faillite.

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