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10/05/2012 05:24 EDT | Actualisé 10/07/2012 05:12 EDT

L'ONU critique les conditions de détention en Libye

Des milliers de personnes demeurent emprisonnées en Libye, dont certaines dans des centres de détention secrets, et la torture continue d'y être pratiquée, a souligné jeudi un responsable de l'ONU.

S'exprimant devant le Conseil de sécurité, le représentant spécial de l'ONU pour la Libye, Ian Martin, a constaté que même si le gouvernement libyen "s'attache à assurer l'accès des citoyens à la justice, de sérieux obstacles demeurent".

Il a indiqué que le passage des prisonniers et détenus --pour la plupart soupçonnés d'avoir soutenu le régime de Mouammar Kadhafi-- sous le contrôle du ministère de la Justice "ne progresse que lentement".

Selon le ministère, 3.000 détenus sont désormais sous son contrôle mais 4.000 autres sont toujours aux mains d'anciens rebelles qui ont combattu les forces de Mouammar Kadhafi.

Ils sont emprisonnés "dans des centres de détention officiels ou secrets", a précisé M. Martin.

"Les mauvais traitements et les tortures continuent" d'y être pratiqués, a-t-il ajouté, citant l'exemple d'un centre de détention à Misrata, sous l'autorité du ministère de l'Intérieur, où trois détenus sont morts le 13 avril.

"Nous avons des informations crédibles selon lesquelles ces décès sont la conséquence directe de tortures et sept autres personnes ont été torturées dans le même centre", a alarmé M. Martin dans son rapport au Conseil.

Il a aussi fait état d'allégations de torture dans des prisons à Tripoli, Zawiya et Zintan.

"Traiter ce problème devrait être une des principales priorités du gouvernement (..) dans la Libye d'après la révolution", a-t-il estimé.

Parmi les autres problèmes que rencontrent les nouvelles autorités libyennes, M. Martin a également cité la surveillance des frontières, notamment la frontière Sud pour éviter un flot d'armes vers les pays voisins, la démobilisation des anciens rebelles --des résultats "mitigés", estime-t-il-- et la faible participation des femmes à la vie politique.

Selon M. Martin, l'enregistrement des femmes sur les listes électorales pour l'élection de l'Assemblée constituante prévue en juin a été "relativement faible" et seules 29 femmes se sont portées candidates de façon individuelle.

M. Martin a aussi exprimé des craintes concernant les nouvelles lois promulguées par le Conseil national de transition, notamment la large amnistie accordée aux anciens rebelles et la loi criminalisant la glorification de Mouammar Kadhafi. Pour M. Martin, la première loi est "ambiguë" et la seconde "contrevient à la liberté d'expression".

Dans un communiqué publié jeudi, l'organisation Human Rights Watch a affirmé que la loi d'amnistie "permet à des individus ayant commis des crimes graves de ne pas répondre (de leurs actes) en raison de considérations politiques".

Ce texte, adopté début mai, accorde l'impunité aux ex-rebelles pour les actes commis en vue de "réussir la révolution ou la protéger".

avz/sam

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