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10/05/2012 03:04 EDT | Actualisé 10/07/2012 05:12 EDT

L'ex-ministre conservateur Lawrence Cannon est nommé ambassadeur à Paris

OTTAWA - Un second ministre conservateur défait prendra l'avion en destination de la Ville Lumière pour y occuper des fonctions prestigieuses, puisque Lawrence Cannon vient d'être nommé ambassadeur canadien en France.

Le premier ministre Stephen Harper a annoncé à la Chambre des communes jeudi que son ancien ministre des Affaires étrangères occupera désormais ce poste convoité.

M. Cannon, ancien député conservateur dans Pontiac, s'est fait ravir son siège par le néo-démocrate Mathieu Ravignat aux élections générales du 2 mai 2011. Il retrouvera à Paris un autre ancien collègue du cabinet qui a perdu son comté aux dernières élections, Jean-Pierre Blackburn, qui est ambassadeur canadien à l'UNESCO depuis février­.

En réponse à une question posée par le conservateur Royal Galipeau, le premier ministre a indiqué qu'il avait discuté avec le nouveau président français François Hollande dans la foulée de son élection à l'Élysée et lui avait fait part de cette nomination à ce moment.

«J'ai parlé au président français élu, M. François Hollande, dimanche soir dernier, pour le féliciter et pour lui dire que l'honorable Lawrence Cannon sera le prochain ambassadeur canadien en France, et qu'il a toute ma confiance et l'expérience nécessaire pour représenter notre pays», a signalé M. Harper.

«Cela témoigne de l'importance que nous accordons à notre relation avec la France avec qui nous avons des liens économiques, culturels, linguistiques, historiques», a ajouté le chef conservateur.

Les partis d'opposition, qui accusent régulièrement le gouvernement de procéder à des nominations partisanes dans une multitude de secteurs, ne se sont pas fait prier pour dénoncer ce qu'ils ont qualifié d'exemple de «patronage».

«Eh bien, félicitations. Il a perdu, puis il a gagné. Qu’est-ce qu’on peut dire? La défaite politique n'est apparemment jamais permanente», a ironisé le chef libéral Bob Rae.

«C'est un peu comme l’émission américaine 'Qui perd gagne'», a renchéri le député bloquiste Jean-François Fortin. «Alors, on voit que les conservateurs utilisent régulièrement cette façon pour placer leurs amis politiques à des fonctions qui les récompensent des services rendus.»

Le député qui l'a battu convient cependant que M. Cannon a ce qu'il faut pour remplir cette haute fonction.

«C'est quelqu'un qui a ce qu'il faut pour servir son pays dans ces capacités-là. Il a quand même été ministre des Affaires étrangères (...). Les capacités, il les a, mais c’est un exemple clair de patronage de ce gouvernement», a déploré M. Ravignat.

Le lieutenant québécois du premier ministre, Christian Paradis, n'a pas apprécié le flot de critiques qui a déferlé sur le gouvernement à l'annonce de la nomination.

«C'est petit, c'est petit parce que M. Cannon accepte de servir son pays. Je pense qu'il a une riche expérience tant au niveau privé que public, et puis avec les qualifications qu'il a, c'est un excellent signal que le Canada envoie. C’est un homme de compétence puis je pense que ça va aider à continuer d'améliorer nos relations avec la France», a tranché M. Paradis.

M. Cannon a notamment été conseiller municipal à Gatineau, président de la Société de transport de l’Outaouais et ministre à l'Assemblée nationale. Il succèdera à Marc Lortie, qui était en poste depuis 2007.

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