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10/05/2012 07:32 EDT | Actualisé 10/07/2012 05:12 EDT

Les Algériens votent aux législatives, les islamistes visent une victoire

Les Algériens votaient jeudi pour élire leurs députés lors du premier scrutin organisé après le Printemps arabe, dans le cadre de réformes présidentielles qui n'ont pas suscité l'enthousiasme des électeurs mais convaincu les islamistes qu'ils l'emporteront.

La participation paraissait plutôt faible en milieu d'après-midi malgré un appel du président Abdelaziz Bouteflika à voter massivement.

A 15h30 (14H30 GMT) elle atteignait 27,04% au niveau national, selon le ministre de l'Intérieur Daho Ould Kablia, mais seulement 19% à Alger et 12,72% à Tizi Ouzou, la capitale de la région kabyle à 100 km à l'est d'Alger.

Le ministre a parlé d'une participation "énorme" de 55,81% dans le département de Tindouf (extrême sud-ouest).

Les bureaux de vote ont ouvert à 08hO0 locales (07h00 GMT) pour permettre à plus de 21,5 millions d'électeurs de désigner 462 députés à la proportionnelle à un tour.

La participation totale devait être annoncée après la fermeture des bureaux de vote en principe à 19H00 locales (18H00 GMT), mais nombre d'entre eux pourraient rester ouvert une heure de plus comme l'autorise la loi.

A Bab El Oued, le coeur traditionnel d'Alger, la plupart des habitants interrogés par l'AFP se disaient indifférents et parlaient d'abstention.

"Je ne voterai car la constitution ne donne aucun pouvoir au Parlement", expliquait Hamid, 50 ans, ancien militant du Front islamique du Salut (FIS), dissous en mars 1992, après l'annulation des premières législatives pluralistes de décembre 1991 que ce parti était en passe de remporter.

L'annulation du scrutin avait plongé le pays dans une "guerre civile" -terminologie utilisée par M. Bouteflika mercredi à Sétif (est)-, qui a fait près de 200.000 morts.

Quarante-quatre partis - dont 21 nouveaux, sept formations islamistes et plus d'une centaine de listes d'indépendants - sont en lice.

En milieu de journée, les opérations se déroulaient de "façon normale et pacifique", selon le chef des observateurs de l'Union européenne José Ignacio Salafranca. Le vice-président de la Commission nationale de surveillance des élections législatives (CNSL) Ali Moussaoui a toutefois indiqué à l'AFP avoir reçu reçu une soixantaine de plaintes.

Le Front des Forces Socialistes (FFS), le plus vieux parti d'opposition du chef kabyle Hocine Aït Ahmed, a dénoncé "la désorganisation inacceptable" de "nombreux centres et bureaux de vote". Plusieurs villes, selon lui, ont eu "d'importantes entraves à l'exercice du droit de vote".

En appelant mercredi les jeunes à aller voter, M. Bouteflika, 75 ans, avait assuré que "sa génération avait fait son temps" en Algérie, qui fête cette année ses 50 ans d'indépendance.

Dans la foulée du Printemps arabe qui a secoué les pays voisins, notamment la Tunisie, il avait lancé des réformes pour répondre aux émeutes et manifestations qui secouent le pays depuis des années avec un pic en janvier 2011, mois de la chute du président tunisien Ben Ali.

Confortés par la victoire de partis islamistes, les partis de cette mouvance en Algérie s'affirment certains de remporter les élections "si elles sont honnêtes et non entachées de fraude".

Mais les islamistes disent redouter un bourrage d'urnes, depuis l'ajout cette année au fichier de presque 4 millions d'électeurs.

"Nous sommes certains de notre victoire que ce soit par KO ou aux points", a déclaré Bouguerra Soltani, chef de file du Mouvement de la société pour la paix (MSP), principale formation de l'"Alliance Algérie verte" qui regroupe également Ennahda (Renaissance) et le Mouvement El Islah (Réforme).

"Je prévois que le classement se fera entre trois forces: nous (l'Algérie verte), le parti traditionnel (le Front de Libération nationale - FLN, parti présidentiel) et les indépendants", a ajouté M. Soltani.

Pour anticiper tout soupçon de fraude, une accusation récurrente depuis l'instauration du multipartisme en 1989, les autorités ont invité 500 observateurs étrangers, dont 150 de l'UE. Les autres observateurs sont de la Ligue arabe, de l'Organisation de la Conférence Islamique (OCI), de l'ONU et d'ONG américaines.

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