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10/05/2012 08:48 EDT | Actualisé 10/07/2012 05:12 EDT

Le Soudan ne se soumettra pas à l'ONU, avertit le président Béchir

Le président soudanais Omar el-Béchir a averti jeudi que son pays ne se soumettrait pas à l'ONU et l'Union africaine, compromettant davantage l'application d'une résolution enjoignant Khartoum et Juba à cesser leurs hostilités.

Cette première réaction de M. Béchir à la résolution de l'ONU du 2 mai intervient alors que des combats ont été rapportés mercredi le long de la frontière contestée.

"Nous appliquerons ce que nous voulons. Personne ne peut nous imposer ce que nous ne voulons pas, ni le Conseil de sécurité de l'ONU, ni le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine", a déclaré M. Béchir dans un discours à Khartoum.

La résolution, qui soutenait une initiative de l'UA, appelle le Soudan et le Soudan du Sud à cesser leurs combat à la frontière sous peine de sanctions.

Elle avait également exhorté les deux pays à établir une "zone démilitarisée sécurisée" à la frontière. Et les deux voisins avaient jusqu'au 9 mai pour éloigner leurs militaires de 10 km de la frontière.

A l'expiration du délai mercredi, le Soudan du Sud a affirmé avoir retiré ses hommes de la frontière, mais le Soudan a jugé qu'un accord sur la frontière était nécessaire avant tout retrait.

M. Béchir s'exprimait devant un millier d'ouvriers du secteur de l'industrie pétrolière pour marquer la "libération" le mois dernier de la zone pétrolifère de Heglig, à la frontière, après sa capture pendant dix jours par les troupes sud-soudanaises.

Juba avait démenti en avoir été chassé, affirmant s'en être retiré sous la pression internationale.

Cet épisode avait fait monter les tensions d'un cran entre les deux voisins qu'une guerre civile a opposés entre 1983 et 2005, faisant près de 2 millions de morts.

Le Soudan du Sud s'était engagé à appliquer la résolution de l'ONU et son voisin en avait fait de même, tout en prévenant qu'il pourrait y avoir "quelques difficultés" dans sa mise en oeuvre.

Dans son texte, l'ONU, qui avait qualifié la situation à la frontière de "grave menace pour la paix et la sécurité internationales", avait donné jusqu'au 4 mai aux protagonistes pour cesser leurs combats, et trois mois pour résoudre leurs différends.

Mais mercredi, l'armée soudanaise a annoncé avoir attaqué des troupes sudistes et des rebelles alliés à ces dernières, les repoussant hors de deux secteurs dans l'Etat du Darfour-Sud, au Soudan, juste sur la frontière avec l'Etat du Bahr el-Ghazal occidental, au Soudan du Sud.

Le Sud avait confirmé l'incident, la première violation recensée du cessez-le-feu.

L'armée sud-soudanaise avait accusé le même jour le Soudan d'avoir de nouveau bombardé les Etats du Haut-Nil, de l'Unité et du Bahr el-Ghazal occidental, sur son territoire.

Il n'était cependant pas possible d'obtenir une confirmation indépendante sur ces bombardements. Quant au Soudan, il dément régulièrement tout bombardement sur le Sud.

Dans son discours jeudi, M. Béchir a indiqué que le gouvernement du Sud avait parlé de renverser son régime. Si tel est leur but, a-t-il mis en garde, le Soudan va aussi chercher à faire tomber le pouvoir à Juba.

"Et s'ils soutiennent les rebelles, nous soutiendrons les rebelles", a-t-il ajouté.

Dans sa résolution, l'ONU demande justement aux deux parties de cesser d'appuyer les rebelles de l'autre.

Elle les exhorte en outre à entamer, d'ici le 16 mai, des négociations pour régler les problèmes en suspens depuis l'indépendance du Sud en juillet dernier, parmi lesquels la délimitation de la frontière commune, le partage des revenus pétroliers et le statut de zones contestées.

Mais là encore, le président Béchir a averti que si les dossiers relatifs à la sécurité n'étaient pas d'abord réglés, le Soudan "ne négocierait sur aucun sujet".

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