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10/05/2012 02:37 EDT | Actualisé 10/07/2012 05:12 EDT

France: François Hollande commémore l'esclavage lors d'une cérémonie à Paris

PARIS - Le président élu de la France, François Hollande, a assisté jeudi à la commémoration de l'esclavage sans le président sortant Nicolas Sarkozy, contrairement à la cérémonie de la Victoire du 8 mai, où les deux hommes étaient apparus côte à côte.

Nicolas Sarkozy avait été invité à la cérémonie qui se déroulait dans le jardin du Luxembourg, mais il s'y est fait représenter par deux ministres, Frédéric Mitterrand (Culture) et Marie-Luce Penchard (Outre-Mer).

Quatre jours après sa victoire au second tour de la présidentielle, le socialiste François Hollande s'est rendu à cette commémoration organisée chaque année en France depuis 2006.

«Je devais, par ma présence, marquer tout l'intérêt que je porte à cette manifestation, tout le sens que je lui accorde», a-t-il confié au micro de Public Sénat.

«L'histoire de l'esclavage a longtemps été occultée et pour des générations, la mienne notamment, on ne transmettait que l'abolition de l'esclavage et pas ce qui s'était produit avant, c'est-à-dire l'esclavage lui-même», a souligné le président élu, âgé de 57 ans.

Cinq jours avant son entrée officielle à l'Élysée, François Hollande a surtout voulu transmettre un «message de rassemblement autour de nos mémoires et de ce qu'est notre histoire».

Après des lectures de textes d'Aimé Césaire, d'Édouard Glissant et de Patrick Chamoiseau, un discours a été prononcé par Jean-Pierre Bel, premier président socialiste du Sénat, la chambre haute ayant basculé à gauche le 25 septembre.

«L'histoire de l'esclavage et des résistances à l'esclavage a trop longtemps été oubliée», a-t-il déploré. «Il y a là un gigantesque vide qu'il faut aujourd'hui combler», a poursuivi le troisième personnage de l'État, en suggérant de «regarder la France dans sa diversité et non comme une entité uniforme» et de s'engager à «lutter contre toutes les discriminations et toutes les formes d'asservissement».

La première commémoration du genre a eu lieu le 10 mai 2006, en présence du président de l'époque, Jacques Chirac. La France s'était alors souvenue, pour la première fois officiellement, de la traite négrière et de l'esclavage, cinq ans jour pour jour après l'adoption de la loi Taubira les reconnaissant comme crimes contre l'humanité.

L'ancien footballeur Lilian Thuram, qui assistait à la cérémonie de jeudi, s'est réjoui de la présence de François Hollande.

«C'est un moment important pour réfléchir à toutes les inégalités qui traversent notre société, parce que l'esclavage est avant tout une inégalité», a-t-il dit. Parmi ces inégalités qui perdurent aujourd'hui, il a cité le sexisme, la xénophobie, le racisme et l'homophobie.

L'ex-défenseur de l'équipe de France a salué les «paroles d'apaisement» prononcées par François Hollande durant sa campagne et le soir de sa victoire. Lors d'un aparté avec des journalistes, il a accusé Nicolas Sarkozy d'avoir banalisé le discours de l'extrême droite en reprenant les thèmes du Front national.

«Il a réveillé le racisme latent de la société française», a fustigé le vainqueur de la Coupe du Monde 1998, reprochant au président sortant ses «discours vraiment clivants». À ses yeux, avec l'élection de François Hollande à l'Élysée, les choses ont déjà changé.

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