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10/05/2012 06:02 EDT | Actualisé 10/07/2012 05:12 EDT

Coup d'envoi des législatives en Algérie, les islamistes visent une victoire

Les électeurs algériens se rendaient aux urnes jeudi pour élire leurs députés lors d'un premier scrutin test organisé après le Printemps arabe, dans le cadre de réformes présidentielles qui n'ont pas suscité l'enthousiasme des électeurs mais convaincu les islamistes qu'ils l'emporteront.

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, qui a appelé la population à se rendre massivement aux urnes, a voté dans la matinée dans les hauteurs d'Alger, accompagné comme d'habitude par deux de ses jeunes neveux et par son frère Saïd, selon la télévision algérienne.

La télévision d'Etat a également montré des images d'une foule dense devant un bureau de vote à Tiaret (350 km au sud d'Alger) se précipitant pour aller voter. Elle a également montré des femmes venues accomplir très tôt leur devoir électoral à Illizi, à 1.850 km au sud-est d'Alger.

Les bureaux de vote ont ouvert à 08hO0 locales (07h00 GMT) pour permettre à plus de 21,5 millions d'électeurs de désigner 462 députés au cours de ce scrutin à la proportionnelle à un tour.

Quarante-quatre partis - dont 21 nouveaux, sept formations islamistes et plusieurs listes d'indépendants - sont en lice. Le taux de participation devrait être connu après la fermeture des bureaux de vote à 19h00 et les premiers résultats annoncés vendredi dans la matinée.

A Alger, Rachid Zeroual, ancien militant du Front de Libération Nationale et ancien adjoint au maire d'Alger, faisait partie des premiers électeurs à glisser le bulletin dans l'urne dans un bureau situé en plein coeur du quartier historique de la capitale.

"Il faut donner plus de chance à cette jeunesse après 50 ans au pouvoir. L'ancienne génération doit maintenant passer le flambeau. Moi j'ai voté pour un profond changement comme l'a déclaré le président Bouteflika", a déclaré M. Zeroual après avoir voté.

A la veille du scrutin, le président Abdelaziz Bouteflika a exhorté les Algériens, surtout les jeunes, à voter alors que la plupart d'entre eux se déclarent indifférents à la vie politique. M. Bouteflika, 75 ans, leur a assuré que "sa génération avait fait son temps" en Algérie, qui fête cette année ses 50 ans d'indépendance.

Son insistance à inviter les Algériens à s'exprimer intervient dans la foulée d'un programme de réformes qu'il a lancé pour répondre aux émeutes et manifestations qui secouent le pays depuis des années avec un pic en janvier 2011 dans le sillage de la révolution de la Tunisie voisine.

Et à Alger, la question hypothétique du score islamiste demeure dans les esprits, notamment après la victoire remportée par des partis islamistes comme en Tunisie.

Les partis de l'alliance islamiste en Algérie ont affirmé lundi qu'ils étaient certains de remporter ces législatives, "si elles sont honnêtes et non entachées de fraude", et qu'ils préparaient "sérieusement" la composition du gouvernement.

"Nous sommes certains de notre victoire que ce soit par KO ou par les poings", a déclaré le chef de file du Mouvement de la société pour la paix (MSP) Bouguerra Soltani, qui n'a toutefois pas évoqué le nombre de sièges que pourraient remporter les islamistes.

Le MSP est la principale formation de cette alliance dénommée "l'Algérie verte" qui regroupe Ennahda (Renaissance) et le Mouvement El Islah (Réforme).

"Je préconise que le classement se fera entre trois forces qui sont: nous (l'Algérie verte), le parti traditionnel (le Front de Libération nationale - FLN, parti présidentiel) et les indépendants", a ajouté M. Soltani.

La grande crainte exprimée notamment par les islamistes est un bourrage d'urnes, depuis l'adjonction cette année au fichier de presque 4 millions d'électeurs.

Le taux de participation des dernières législatives de 2007 n'avait pas atteint les 36%. Le FLN avait alors remporté 136 des 389 sièges, les islamistes n'avaient obtenu que 59 sièges.

Pour ces nouvelles élections, les autorités ont déclaré vouloir un scrutin transparent pour éviter des accusations de fraudes électorales, récurrentes depuis l'instauration du multipartisme en 1989.

A la demande du président Bouteflika, le scrutin sera surveillé par 500 observateurs étrangers, dont 150 de l'UE, le reste de la Ligue arabe, l'Organisation de la Conférence Islamique (OCI), l'ONU et des ONG américaines.

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