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10/05/2012 10:24 EDT | Actualisé 10/07/2012 05:12 EDT

Affaire Timochenko: Merkel qualifie l'Ukraine de dictature

BERLIN - La chancelière allemande Angela Merkel a fait un parallèle entre l'Ukraine et son voisin autoritaire le Belarus jeudi au Parlement, en déclarant que les citoyens des deux pays "vivaient encore sous la dictature et la répression".

Le ministère ukrainien des Affaires étrangères s'est refusé à tout commentaire.

Les relations sont particulièrement tendues entre le gouvernement allemand et celui du président Viktor Ianoukovitch depuis que l'Allemagne, avec le soutien du reste de l'Europe, fait pression sur Kiev pour que l'ancienne Première ministre ukrainienne Ioulia Timochenko soit correctement soignée en prison.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, a réitéré la proposition de Berlin d'accueillir l'ex-dirigeante ukrainienne en Allemagne. "Nous voulons que Mme Timochenko reçoive le traitement médical approprié de longue durée", a-t-il dit, ajoutant que "l'Ukraine doit s'engager totalement en faveur de la démocratie et de l'Etat de droit".

L'ex-égérie de la Révolution orange de 2004 a été condamnée à sept ans de prison pour abus de pouvoir en octobre 2011, à l'issue d'un procès qualifié de politique par l'Europe. L'intéressée dénonce une manoeuvre destinée à l'écarter de la vie politique. Elle est également poursuivie pour détournement de fonds et fraude fiscale dans les années 1990.

Agée de 51 ans, Ioulia Timochenko souffre de graves problèmes de dos et a observé une grève de la faim de près de trois semaines pour protester contre des mauvais traitements qu'elle dit avoir subis en prison. Elle a été transférée mercredi de sa prison de Kharkiv (est) vers un hôpital local où un médecin allemand est chargé de superviser son traitement pour le dos.

La situation menace de perturber l'Euro de football qui se déroulera en Pologne et en Ukraine du 8 juin au 1er juillet, plusieurs responsables européens ayant décidé de boycotter les rencontres en Ukraine.

A Varsovie, le président polonais s'est pour sa part prononcé "clairement contre un boycott de l'Ukraine et (...) de l'Euro 2012 en Ukraine" jeudi, estimant qu'"un différend politique ne devrait pas ruiner notre fête sportive polono-ukrainienne et l'organisation polono-ukrainienne qui devait être, et devrait être, une aide à l'Ukraine sur son chemin vers l'intégration européenne".

Bronislaw Komorowski a exhorté Kiev à réviser les lois ayant abouti à la condamnation et l'emprisonnement de Ioulia Timochenko, suggérant qu'il s'agissait de vestiges du passé de cette ancienne république soviétique. "Ces lois, créées sous un système passé et encore inchangées par les démocrates ukrainiens, sont source de mauvaises tentations et de mauvaises décisions", a-t-il dit. AP

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