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06/05/2012 04:34 EDT | Actualisé 06/07/2012 05:12 EDT

Sarkozy salue le choix des Français, l'UMP lance la bataille des législatives

PARIS - Vaincu, au terme d'un quinquennat marqué par la crise, Nicolas Sarkozy a salué dimanche soir le "choix démocratique, républicain" des Français. Le président sortant a assumé la "responsabilité" de sa défaite face à son adversaire socialiste François Hollande, mais est resté ambigu quant à son avenir politique, alors que l'UMP lançait déjà le combat des législatives.

"C'est un choix démocratique, républicain. François Hollande est le président de la France et doit être respecté", a déclaré M. Sarkozy, visage ému et fatigué, demandant à ses partisans réunis salle de la Mutualité à Paris de ne pas huer le nom du socialiste, nouvellement élu. "Ne donnons pas le mauvais exemple".

"Je viens de l'avoir au téléphone et je veux lui souhaiter bonne chance au milieu des épreuves. Ca sera difficile, mais je souhaite de tout coeur que la France, qui est notre pays, qui nous rassemble, réussisse à traverser les épreuves", a-t-il ajouté.

Un peu plus tard, François Hollande lui rendait la politesse, adressant depuis son fief de Tulle (Corrèze) un "salut républicain à Nicolas Sarkozy, qui a dirigé la France pendant cinq ans et qui mérite à ce titre tout notre respect".

Lors de son discours d'à peine dix minutes, le président sortant a dit porter "toute la responsabilité de cette défaite".

"Une autre époque s'ouvre. Dans cette nouvelle époque, je resterai l'un des vôtres", a-t-il promis. "Je partage vos idées, je partage vos convictions (...) Vous pourrez comptez sur moi pour les défendre, ces idées et ces convictions, mais ma place ne pourra plus être la même", a-t-il expliqué.

Après "35 ans de mandat politique", dix ans de "responsabilités gouvernementales" et "cinq ans à la tête de l'Etat", "mon engagement dans la vie de mon pays sera désormais différent", a-t-il affirmé, sans préciser davantage sa pensée, concluant son allocution par un "je vous aime" lancé à ses partisans, qui ont entonné "La Marseillaise".

Le 8 mars dernier, Nicolas Sarkozy avait affirmé qu'il mettrait fin à sa carrière politique, s'il n'était pas réélu, expliquant qu'il ferait "autre chose", lors d'une interview sur RMC-Info/BFM-TV. "Si les Français devaient ne pas me faire confiance, est-ce que vous croyez vraiment que je devrais continuer dans la vie politique? La réponse, c'est non", avait-il tranché.

A l'annonce de la victoire de François Hollande à 20h, les militants et sympathisants UMP réunis à la Mutualité ont lancé un cri de déception, certains se mettant à pleurer. La fête envisagée place de la Concorde en cas de succès avait été annulée en fin d'après-midi, au vu des estimations de vote connues par l'équipe du président sortant.

Le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé a aussitôt sonné la "mobilisation générale" pour les législatives des 10 et 17 juin. "Il faut se mobiliser parce que ce (...) n'est pas bien de donner tous les pouvoirs à un seul parti politique, à la gauche", a-t-il dit sur France-2.

Un bureau politique doit réunir dès lundi à 15h les principaux responsables de l'UMP pour évoquer les conséquences de la défaite et définir la stratégie pour les législatives, notamment vis-à-vis du Front national. Le parti de Marine Le Pen, qui a recueilli 17,90% des suffrages au premier tour de la présidentielle, pourrait mettre en danger la droite dans de nombreuses circonscriptions donnant lieu à des triangulaires.

"Avec les élections législatives, un nouveau combat commence", a estimé à son tour le Premier ministre, François Fillon, lors d'une allocution prononcée à Matignon. "Mais il faudra s'élever "au-dessus des peurs et des extrêmes", a-t-il averti.

Après le premier tour, qui l'a placé en deuxième position derrière François Hollande, Nicolas Sarkozy avait orienté sa campagne en direction des électeurs de Marine Le Pen, misant — en vain — sur le report de voix pour espérer l'emporter.