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06/05/2012 12:43 EDT | Actualisé 06/07/2012 05:12 EDT

L'écart de rémunération homme-femme était plus faible en 2011 qu'en 2001

MONTRÉAL - L'écart de rémunération entre les hommes et les femmes continue de se rétrécir au Québec, tranquillement mais sûrement.

Le plus récent Annuaire québécois des statistiques du travail, réalisé par l'Institut de la statistique du Québec (ISQ), laisse voir qu'en 2011, le salaire horaire moyen des femmes atteignait 20,11 $, comparativement à 22,81 $ pour les hommes.

Cet écart homme-femme de 2,70 $ pour la rémunération horaire en 2011 se compare à un écart de 2,99 $ en 2001.

«À première vue, ça peut sembler être une réduction d'à peine 30 cents, mais lorsqu'on sait que cette réduction représente 10 pour cent, c'est quand même considérable. Donc, on voit véritablement qu'il y a eu un écart plus faible, qui a tendance vraiment au rattrapage de la rémunération horaire des femmes par rapport à celle des hommes», a expliqué en entrevue l'économiste Jean-Marc Kilolo-Malambwe, analyste en statistiques du travail à l'Institut.

«Il y a une panoplie d'explications que l'on peut invoquer» pour expliquer ces constatations, selon M. Kilolo-Malambwe.

Il souligne entre autres que «les femmes ont un niveau d'éducation très fort»; elles ont plus souvent que les hommes fait des études postsecondaires, ce qui hausse leur rémunération.

L'Institut n'a pas cherché à savoir si la Loi sur l'équité salariale, qui a accordé des redressements salariaux à des milliers de travailleuses, pouvait avoir favorisé la diminution de cet écart. «Nous n'avons pas investigué le lien comme tel qu'il pourrait y avoir, mais on peut penser véritablement que c'est un élément qui a son pesant d'or», a opiné M. Kilolo-Malambwe.

La diminution de l'écart homme-femme pour ce qui est de la rémunération hebdomadaire n'est pas aussi notable, mais cela s'explique par d'autres raisons.

En 2011, la rémunération hebdomadaire des femmes atteignait 666,21 $, comparativement à 851,68 $ pour les hommes, soit un écart de 185,47 $.

Cet écart atteignait 188,96 $ en 2001. Au fil des ans, il a fluctué, atteignant par exemple 178,33 $ en 2007, puis 190,28 $ en 2009.

M. Kilolo-Malambwe fait valoir, par exemple, que «quand on regarde la durée du travail réelle des femmes, on voit que celles-ci s'absentent beaucoup plus que les hommes pour des obligations personnelles ou familiales». L'économiste cite une autre étude sur la conciliation travail-famille qui a démontré qu'en moyenne en 2011, les femmes s'absentaient pour ces obligations durant 71 heures, contre 19 heures chez les hommes.

De plus, les femmes ont une semaine de travail de 32,1 heures, soit 4,5 heures de moins que les hommes, relève-t-on dans l'Annuaire québécois des statistiques du travail.